L’étrange,
aussi l’étranger
Il
avance
Les nuages qui passent là-bas…
S'assoir
dans ce temps qui ne s'écoule plus
Compter
les grains, un à un
Les
voir se mouvoir si doucement
Au
point de ne plus percevoir le mouvement.
Tout se fige.
C'était
un vieux cheval
Bien
fatigué
Le
bruit sourd des vagues
Sur
les gros galets
La
roche et l'eau
Retourner
vers le monde
Se
frayer un passage
Dans
le fouillis, épineux
De
la douleur qui enferme.
Inhabituel
Cela
cherche l’origine, la cause
On
dirait une cascade
Mais
il n’y en a pas, là où la montagne
Ouvre
les bras à l’océan.
Écouter,
c’est beau
Régulier
Rideau
de perles d’eau
Dans
le lointain
Et
puis, cela sait
Avant
même que la pensée émerge
Pour
dire
Elle
se lève, va rentrer le linge
La
pluie arrive
De
longues minutes
Comme
si elle n’avançait plus
Le
son seulement
L’écho
de ses pas
Mais
l’air fraîchi
S’habille
d’embruns
Le
vent se lève
Elle
est là
S’intensifie
Martèle
les tôles
Le
bitume
Rebondit
sur les feuilles
Ruisselantes.
La
seule chose que je puisse faire
C'est
laisser s'ouvrir cet espace
Là
où "je" ne juge pas, où "je" ne jauge pas
Où "je" ne compare pas.
Le
ciel est bleu
Infiniment
bleu
Impossible
d'en voir le fond
S'il
est ici ou s'il est là-bas.
Le
corps comme une cage
Dans
laquelle tu cherches encore à respirer
Non
que tu t'acharnes, mais tu le fais encore.
C'est
que tu voudrais apprendre l'autre respiration
Avant
de passer, mais on apprend rien
Faire
face à la peur.
Magie
de la brume qui lentement avance
En
transparence la falaise abrupte
Le
ciel s’obscurcit
Trouées
éphémères
Azur
Ainsi
va la marche douce
Nuages
dans ce creux de verdure
En
accélérations impromptues
Voici
que le ciel resplendit.
Deux
jours de galère, grande fatigue
Plus
d'énergie, l'esprit embrouillé.
Et
puis, éclaircie...
La
fille à la jolie robe
Virevolte.
Espérer
un renouveau
Pratiquer
pour le renouveau
C'est
fermer la porte au Nouveau.
Discuter
du sujet, argumenter
C'est
encore fermer la porte du Nouveau
Et
même qui dit la porte ?
Ce
qui est fermeture, dans le refus
De "l'ouvrir et du fermé".
Il
a plu, les pensées se sont tues
Le
temps n'est plus.
Au
moment de sortir
La
lumière dans le silence
De
l'esprit.
Je
le voyais
Ses
cheveux avaient blanchi
Ses
yeux posés, ni dedans, ni dehors
Il
voyait loin, loin là-bas...
Le murmure des grands arbres...
Il
y a quelque chose dans les arbres
Qu'ils
soient gros, qu'ils soient petits
Quelque
chose d'indescriptible.
Derrière
les fenêtres fermées
Rideaux
blancs ajourés
La
roseraie, rose thé.
Par
la porte ouverte...
Un
nouvel espace s'ouvre là
Entre
dormir et être éveillé.
Rendez-vous
scanner de contrôle
RV
à 8h05, je m'étais rendormie
Je
dormais, je me sentais si bien
Je
savais qu'il fallait me lever, mais...
Si
bien … enfin j'ai franchi la frontière.
Sûr,
je vais être en retard !
J'arrive
à 8h10, deux guichets
Deux
guichets, deux demoiselles
L'une
est au téléphone, l'autre se tourne les pouces
La
conversation téléphonique ?
Personnelle
et cela dure
Un
petit monsieur attend aussi.
Debout,
appuyée sur ma canne
Que
s’asseoir et se relever c'est encore plus douloureux
La
conversation personnelle, la di la fé
Vingt minutes et la demoiselle inoccupée
Me
dit qu'elle va s’occuper de moi
En
ordre je sors tous les documents.
Elle
commence la procédure.
« Vous
êtes en retard Mme G... »
- Oui
- Pourquoi ! ?
Peut-être
se rend elle compte de l'impoli du ton
Du
contenu de la question
« Je
téléphone aux collègues pour voir s'ils peuvent vous prendre
-J'avais
RV à 8h05, je suis arrivée à 8h10 et depuis plus de 10 mn
j'attends !
Ils
peuvent...
« Dix
euros me dit-elle »
Devant
mon air surpris, elle explique : C'est nouveau
La sécu ne prend plus
en compte l'archivage.
-
Non, merci j'archiverai moi-même.
Salle d'attente, j'attends encore.
Endormie, je me sentais si bien.
Une
petite histoire
Celle
qui se tient au creux de mes entrailles.
Que
le pardon me soit accordé
Comme
le mien s'étend d'ici à là-bas
Sans
entrave, sans aucune retenue.
La
douleur atteint un niveau
Dans
une fréquence sans relâche
Le
pire la nuit, plus moyen de dormir.
Les
occupations de diversion sont impossibles
Ou
plus exactement aggrave la douleur
Comme
si toute l'énergie devait se focaliser
Ou
encore comme si tout l'espace était confisqué.