Quand
l'étau se resserre
Ni
tête basse
Ni
la relever.
Le
regard droit
Ni
dedans, ni dehors.
En
toutes circonstances
La
juste attitude.
Quand
l'étau se resserre
Ni
tête basse
Ni
la relever.
Le
regard droit
Ni
dedans, ni dehors.
En
toutes circonstances
La
juste attitude.
Le
paysage en dégradés, des cimes, des forêts
Des
vallées, le lac !
Figés
dans la neige et le gel
Les
sapins, sentinelles silencieuses...
Le
vent par la fenêtre
Comme
une caresse
Bon
et doux.
Si
vivant
Si
vibrant.
Souffle
sur le visage
En
une embrassade.
Elle
est malade
Un
rhume, ou ce qui lui ressemble
Elle
ne veut pas que je la touche
Elle
a changé toutes ses habitudes
Les
miennes donc.
Plus
de câlins
La
nuit au bout du lit
Le
matin, après le premier café
Plus
de tendresse, blottie contre moi.
Deux
nuits, elle n'a pas dormi ici
Venant
juste pour manger
Et
puis, ayant compris le message
Je
ne cherche plus à la caresser.
Juste
lui parler, avec moins d'emphase
Plus
de profondeur, de calme, de paix
Hier,
elle est restée
Couchée,
cachée, dans le rideau.
Évidemment,
j'aurai voulu rendre
Plus
confortable cette couche, mais !
Je
n'en ai rien fait
Lui
souhaitant bonne nuit.
J'ai
très mal dormi, douleurs intenses
Comme
il y avait longtemps
Les
calmants n'ont aucun effet
Dans
ces circonstances.
Après
le premier ou le dernier lever
Le
petit déjeuner afin de prendre
L'anti-inflammatoire
L'appel
s'est fait pressant.
Suis
retournée me coucher
Ca-caillette
avait quitté sa cache
Elle
a mangé un peu
Je
l'ai sollicitée doucement.
“Viens
cacaille, viens...”
Dans
l'obscurité elle s'est déplacée sans bruit
Et s'est lovée dans la robe de chambre
Laissée
au sol devant le lit.
Longtemps
au plus profond
Je
l'ai vue se détendre et en rond
Nous
avons dormi...
Aimer
cette ultime marche
Le
chemin de partir...
Toute
une vie en tellement d'exigences
Tenir
le coup, vaille que vaille
Se
tailler un chemin dans la dureté du monde
Il
y avait tant à faire !
C'était
juste et c'est fini
Tout
est accompli
Et
voici le soir venu
Cette
paix incommensurable.
La
montagne dans son écrin noir
Et
la déchirure dans le ciel
Le
vide est bleu
L'intensité
du bleu...
Est
venu ce temps qui n'est pas du temps qui s'écoule
C'est
juste, le penseur se reconnait dans sa propre pensée.
Il
suffit de si peu...
Un
geste, un acte posé
Et
le partage s'active.
Multiplication
de possibles
Et
non division d'un capital
Tous
sont concernés, et non quelques uns.
Glisser
doucement
Sans
peur et sans attente.
Nous
avons passé toute une vie
Faisant,
traversant tant de choses
Et
c'est fini.
Pays
de rêve, pays d'un été
En
un clin d’œil entrevu
En
un instant aimé.
Oui,
faire juste ce qui doit être fait
Et
ça c'est extraordinaire.
Dans
la brisure du cou
Le
creux de lӎpaule
Et
les reins déchirés.
Rien
ne bouge
La
douleur est sourde
Chaque
pas arraché.
Dehors,
là où les yeux se posent
La
même immobilité.
Au
fond du jardin
Une
porte secrète
Elle
s'ouvre sur l’inconnu.
L'inconnu
n'est pas descriptible
Seul
ce qui est connu peut être défini.
Le
pays d'Alice et autres fantaisies
Sont l’œuvre de l'imaginaire
Témoin
de l'ombre du connu.
Trier,
jeter , brûler
Lettres,
cartes, reçues au long
Tout
au long de cette vie.
Pourquoi
les avoir gardées
Bien
rangées dans de jolies boites ?
Le
temps est venu de les relire.
Ne
pas laisser d'encombrement derrière soi
Un
grand feu de joie
Crémation.
“Pour
vous, je serai toujours là
Quoiqu'il
arrive, je serai toujours là”
Comme
si ce cri venu du plus profond
De
la peur tapie dans l'ombre
Pour
ne pas dire son nom
Pouvait
conjurer le mauvais sort.
Sommes-nous
enfin prêts ?
Pour
nous déshabiller
Aller
nus, sans promesse
Sans
attachement ?
Lâcher
l'oiseau
Hors
de la cage, tous les risques
Hors
de la cage, la vie.
Comme
si les mots pouvaient trancher
Corriger,
caresser
C'est
nous qui leur donnons ce pouvoir.
Illusion, ce n'est pas sans effet.
A
y regarder de plus près
L'effet,
cause et conséquence
Est
le produit de l'illusion.
L'illusion d”être séparés.
Quand
l'énergie de l'un
Parle
à l'énergie de l'autre
C'est
au-delà ...
La
durée n'appartient pas à cette rencontre
Elle
est de l'instant.
Chaque
jour se redécouvrir
Qu’en
vérité pas de maison
Pas
de grenier
Juste
un chemin
Que
nos pas tracent, et que le vent efface.
Ainsi
nous sommes de plus en plus nombreux
A
marcher à ce juste tempo.
C'est
l'heure où la ravine se tait
Plus
rien ne bouge
La
magie du silence.
Au
loin, si loin, un train passe
Ce
n'est pas ici, ce n'est pas là-bas
Le
train passe.
Deux
mondes.
Et
là, dans la petite cour emmurée
Le
silence est là
Le
merle de Maurice surgit
Il
traverse.