La
terre est vaste encore
Mais
là où l'homme vit
C'est
tout petit.
Cette
joie
Spontanée,
simple, authentique
Sans
cause et sans objet
Comme
un petit enfant
Tout
en tendresse
Te
caresser la joue.
Si
tu veux connaître le jeûne
Tu
ne dois rien en attendre.
Quatrième
jour de jeûne
Cinquième
jour de jeûne
Sixième
jour de jeûne...
Le
but, et aussitôt, ne plus être en relation
Alors
que c'est dans la relation
Qu'il
se passe quelque chose.
Quelque chose en lien avec le vivant.
Toucher
la terre, du bout du doigt
La
vibrante, la vivante, et les chants des oiseaux
La
rocaille du chemin, la fraîcheur de la pluie.
Ciel
et courbes se rencontrant à l'horizon
Le
soleil se couche, le soleil se lève
Il
fait si beau à l'ombre de la pinède.
Prendre
à bras le corps
Abandon
sans motif
Sans
calcul.
Tout
ce que l'on effectue en vue d'un but
N'est
que de brève durée
Devient
pernicieux.
Sans
désir d'un gain
Ni
début, ni fin.
Blanc
L'océan
Le
ciel
La
plage et les maisons
Traversée.
Étrange
Ils
s’éloignent
Une
absence
De
couleurs et non d'intensité
Et
pourtant c'est une douce lumière.
Un abandon total suscite une passion sans fin.
On
est sa propre lumière lorsque l'esprit est libéré de la réaction
Car
il est alors en état d'attention totale
Cette
attention ne s'organise pas autour d'un centre
Autour
de celui qui est attentif
De
la sorte rien ne la limite.
Aussi
longtemps qu'existe un centre, un moi
Le
processus de la réponse se perpétuera
Agréablement
ou non.
Le
centre ne peut être sa propre lumière
Car
sa lumière est celle de la pensée artificielle
Qui
projette de nombreuses ombres.
Il
y a l'introspection, c'est toujours juste
Appartient
à la personne
Peut
se partager, mais c'est pas obligé.
Et
puis, il y a cette parole qui dit
Qui
prétend LA VÉRITÉ
Une,
comme un point fixe.
L'enfant,
déjà, n'aimait pas
Et
voyait le mensonge
L'abus
de pouvoir
La
mise sous tutelle.
La
musique ouvre l'espace
Onde
après onde
Le
rythme du sculpteur comme une musique intérieure
Qui
cadence ses gestes.
Entendre
au cœur de la solitude
La
voix du silence dans son intensité
Dans
son extrême beauté.
Le
grand silence et son vaste espace occupait
Toute
la nuit dans ce ciel étoilé
Tout
mouvement de la pensée avait pris fin.
L'esprit lui-même était cet espace incommensurable.
Aujourd'hui
elle parle un peu
Elle murmure : « Je n'ai presque plus de vie »
Oui,
c'est bien, tu n'as plus qu'à te laisser glisser
Comme
la barque glisse le soir sur le fil d'une eau tranquille
Sur
le fleuve de l'entre deux mondes, ne crains rien
Bientôt
tu seras libérée, dans une lumière d'or
Teintée
de vert et d'orange
Qui
fait un chemin doré.
Si
la sensibilité peut être confondue
Avec
la sensiblerie, voir l’auto-apitoiement
C'est
dans l'espace limité de l'ego
Construit
par le penseur.
La véritable sensibilité concerne l'infini vivant.
Comme
pour l'amour
Dans
le champ restreint du connu
L'amour
rassure, susurre,
Mais
aussi la jalousie, la peur de perdre
L'autre
m'appartient.
Le véritable amour , ce feu sans fumée, ni résidu.
Ce
qui rassure en occurrence, le connu
Espace
limité par le moi, est à l'origine de toutes nos souffrances.
Quand
le penseur cherche à échapper à sa propre limitation
Il
renforce les frontières.
L'espace infini, et illimité est au-delà de ce niveau de conscience.
Premières
lueurs du jour
Lumière
qui précède les cyclones
De
l'intérieur, la matière révèle sa véritable nature.
Dans
le couloir de verdure
Les
plantes s'animent, ça vibre.
Et puis tout a glissé dans un manteau gris.
Pourquoi
les riches sont-ils tellement
Contre
la reconnaissance des droits des pauvres ?
Évidence !
Ils savent que le premier pas
Dans
cette direction sera aussi le dernier pas
Et
signera la fin de leur suprématie.
La
joie et le plaisir
Deux
mots qui, ici, désignent deux
Qui
n'ont rien à voir, l'un avec l'autre.
Le
plaisir est bientôt manque, déplaisir
La
joie est de l'instant présent.
Le
plaisir s'entraîne, récompense
Quand
il n'est pas au rendez-vous
Punition,
rien ne va plus
Mérite
et démérite.
La
joie, ni fin, ni commencement
Elle
surgit, comble sans regret
Sans
que le moi puisse se saisir
L'esprit
libre la reçoit pleinement.
Avec
l'un l'attachement, le conditionnement
L'éternel
recommencement
Avec
l'autre... toujours nouveau.
On attend le plaisir, on n'attend pas la joie.