Au
bord du fleuve sans rebond
Les
eaux s'installent
Elles
se reposent des gros bouillons.
Le
mouvement ne se fait pas
Comme
il est raconté par les moralistes
De
moi, si bon, si grand, à l'autre
Si
petit, tellement dans le besoin.
Ce
n'est pas un mouvement linéaire
Comme
celui que la pensée fait
D'hier
à demain, cause à effet
Ni
même un mouvement circulaire.
Mais
enfin ! Ne savons-nous pas ?
Ne
savons-nous pas que la terre n'est pas plate !
Qu'elle
n'est pas le centre de l'univers
Expansion,
concentration en même temps.
Tout
change à chaque instant...
Et
nous pauvres fous à vouloir garder
Des
vérités d'hier, des sous engrangés
Des
anniversaires, des noëls ...
Madame
raison est si coincée !
Raide
comme un i
Elle
pense à la droiture
A
la vertu, comme autant
De
gages de sa bonne conduite
De
sa bonne pensée
De
son bon droit, voilà tout.
Ça
change quelque chose
Que
la sortie du grenier
Soit
décidée, voulue, désirée ?
Car
après tout, toutes les graines vont sortir !
Ahhh,
ça change tout
C'est
du tout ou tout
Question
de conscience !
Tu
comprends ?
Celui
qui y va malgré lui, dans la peur
Ou
dans l'inconscience, ne change pas de dimension
Il
meurt, il retourne et retourne et retourne
De
cette naissance on décide.
J'ai
déjà raconté l'histoire de la petite graine
Dans
le grenier
On
y est bien dans le grenier
Serrées
les unes contre les autres
Les
petites graines profitent.
De
temps à autre la porte s'ouvre, raie de lumière
L'homme
entre, avec sa pelle il remplit son seau
On
ne les revoit jamais les petites sœurs
Ce
qui fait bien peur, on se raconte dans le grenier
Plein
d'histoires glauques.
Si
bien que lorsque la porte s'ouvre
Toutes
se poussent, roulent, glissent
Afin
de ne pas faire parti du voyage.
Parmi ces petites graines
Une
graine plus petite encore
On
l'ignorait, une chose si minuscule
Ne
mérite pas le nom de graine !
Un
jour cette toute petite décida de profiter du prochain départ
Elle
se prépara du dedans, du dehors, prête à tout, la vie en ce
grenier
Parmi
toutes ces mégères médisantes et tellement savantes
Elle
ne la supportait plus.
Que
s'est-il passé ensuite ?
Je
vous laisse le deviner
L'imaginer
Le
vivre peut-être...