Vivre
avec le poids des pensées
Des opinions, des réflexions
Fuir
sa vie.
Je
l'appelle "à gorge déployée"
Tant
son chant est puissant
C'est
un merle de Maurice
Je
n'en ai jamais vu
De
si grand.
Malgré
les chats il est ici
Chez
lui, visite les toiles
Tendues
entre les plantes
De
la petit cour
Gobe
les insectes retenus
Dans
le garde manger
De
ces dames, les araignées.
Son
chant est beau
Vraiment,
fait sortir de la maison
Trilles
qui s'élèvent aux ciels
Elles traversent l'air de part en part
En
des spirales de couleurs.
Quand
tu pousses cette porte
C'est
une image, parce qu'en vérité
Il
n'y a pas de porte
Quand
tu oses le sans filet
Et
ne va pas t'imaginer qu'il s'agisse de te jeter
Dans
le vide de la ravine
Non !
Moquerie de la raison que cela
Le
sans filet, c'est aller sans les certitudes d'hier
Ce n'est pas une amnésie
Tu
n'as pas besoin de réapprendre à marcher
Ni
réapprendre à parler, à compter
Encore que parler et compter changent considérablement
Quand
ils ne sont plus sous l'emprise du conditionnement passé
Donc
quand tu fais cela, sans peur, sans aucune excitation
Entrer
dans le secret du secret, en toi
Alors que tu n'es plus dans cette attente souffreteuse de l'autre
Que
tu ne dépends plus ni des promesses, ni des jugements
Ni
des "on dit", ni des "il faut que", etc.
Quand
tu fais cela vraiment...
Pensais-tu
que j'allais te dire ce que tu vois (rires)
Ce
que tu sens, ce que tu découvres, ce qu'il t'arrive ?
Je
n'en sais fichtrement rien, je ne sais que pour moi
A
toi de découvrir, ton chemin qui a du cœur
Ton
chemin dans ton unicité retrouvée.
La
pluie soudaine, surgit au détour d’un virage
Dans
le bleu du ciel, dans l’air tendu, chaud et sec
Des
bulles éclatent, mille parfums...
Impossible
de dire.
… ici
les flagrances des herbes, le mystère des roches, la terre, l’embrun
marin non loin, le bitume, la poussière, l’air se mariant à l'eau
…
Big-bang
qui jamais ne prend fin, d’instant en instant le point de contact
et l’entonnoir de l’existant à l’infini.
Ce
qui est encore étrange c'est ce besoin d'être deux
Pour
se sentir Un
Donc
ne jamais être complet, unifié en soi
Dans
un besoin que l'autre ne pourra jamais
Jamais
contenter, qu'il est lui-même dans la recherche
De
son unité au-dehors de lui.
Où
vont-ils se rencontrer ces deux-là ?
Dans la foule qui va les faire s'embrasser
Puis les séparer à tout jamais ?
Dans
le hall d'un aéroport ?
Les
gens font comme s'ils ne se connaissaient pas
Comme
s'ils étaient étrangers les uns aux autres
C'est
rigolo, parce qu'en vérité ils se connaissent
Mais
ils ont oublié.
Ils
ont dressés des murs, des frontières
Nourris
des cultures, des langages, des différences
Et maintenant se les reprocher...
Elle
qui refusait les portes qui se ferment
Ne
pouvait voir les portes qui s'ouvrent
Longue,
longue agonie.