Le
paysage en dégradés, des cimes, des forêts
Des
vallées, le lac !
Figés
dans la neige et le gel
Les
sapins, sentinelles silencieuses...
Le
paysage en dégradés, des cimes, des forêts
Des
vallées, le lac !
Figés
dans la neige et le gel
Les
sapins, sentinelles silencieuses...
Vient
ce moment où la question du système
De
l'état, des institutions tombe à l'eau
Car
il faut bien un homme pour tirer une balle.
Le
penseur qui ne se reconnaît pas dans sa propre pensée
Est
si bien illustré par cette histoire :
Deux
moines chastes comme il se doit
Ayant
pour règle de ne jamais toucher femme
S'en
allaient par la campagne lorsqu'ils voient une de ces créatures
En
grandes difficultés ayant tenté de traverser le fleuve
L'un
deux, se précipite, prend le femme sur son dos
Et
sans encombre la dépose sur la berge.
Voici
nos deux moines ayant repris leur chemin
Silencieux
un long moment, puis soudain :
« Vous
avez touché cette femme ! Vous l'avez même pris dans vos
bras !
Ne
sentez-vous pas un trouble, un désordre ! »
Et
l'autre de lui répondre :
« Il
y a des heures que j'ai déposé cette femme sur la berge. Je ne l’ai portée que quelques minutes, on dirait que vous l’avez portée toute la journée ! »
Le
vent par la fenêtre
Comme
une caresse
Bon
et doux.
Si
vivant
Si
vibrant.
Souffle
sur le visage
En
une embrassade.
Il
n'y aucun sentiment particulier
Aucun
sentiment parce que rien ne se sépare
Rien
ne juge, ni ne justifie
C'est
vivant, infiniment vivant.
Voir
n'est pas un acte intellectuel
Mais
rien ne se fait sans que l'être tout entier
Soit
sollicité.
Je
n'ai pas le droit de projeter l'ombre de mon inquiétude
Sur
ceux que j'aime
Sur
ceux qui marchent avec moi
Sur
ceux qui croisent mon chemin
Qu'ils
soient devant, qu'ils soient derrière
Je
n'ai pas le droit de faire ça !
C'est
alors que...
L’inquiétude
cesse.
Elle
est malade
Un
rhume, ou ce qui lui ressemble
Elle
ne veut pas que je la touche
Elle
a changé toutes ses habitudes
Les
miennes donc.
Plus
de câlins
La
nuit au bout du lit
Le
matin, après le premier café
Plus
de tendresse, blottie contre moi.
Deux
nuits, elle n'a pas dormi ici
Venant
juste pour manger
Et
puis, ayant compris le message
Je
ne cherche plus à la caresser.
Juste
lui parler, avec moins d'emphase
Plus
de profondeur, de calme, de paix
Hier,
elle est restée
Couchée,
cachée, dans le rideau.
Évidemment,
j'aurai voulu rendre
Plus
confortable cette couche, mais !
Je
n'en ai rien fait
Lui
souhaitant bonne nuit.
J'ai
très mal dormi, douleurs intenses
Comme
il y avait longtemps
Les
calmants n'ont aucun effet
Dans
ces circonstances.
Après
le premier ou le dernier lever
Le
petit déjeuner afin de prendre
L'anti-inflammatoire
L'appel
s'est fait pressant.
Suis
retournée me coucher
Ca-caillette
avait quitté sa cache
Elle
a mangé un peu
Je
l'ai sollicitée doucement.
“Viens
cacaille, viens...”
Dans
l'obscurité elle s'est déplacée sans bruit
Et s'est lovée dans la robe de chambre
Laissée
au sol devant le lit.
Longtemps
au plus profond
Je
l'ai vue se détendre et en rond
Nous
avons dormi...