La viande n'est pas une nourriture vivante.
La
nourriture vivante
Légumes
frais ou sec, fruits
Ça
change quelque chose
Que
la sortie du grenier
Soit
décidée, voulue, désirée ?
Car
après tout, toutes les graines vont sortir !
Ahhh,
ça change tout
C'est
du tout ou tout
Question
de conscience !
Tu
comprends ?
Celui
qui y va malgré lui, dans la peur
Ou
dans l'inconscience, ne change pas de dimension
Il
meurt, il retourne et retourne et retourne
De
cette naissance on décide.
J'ai
déjà raconté l'histoire de la petite graine
Dans
le grenier
On
y est bien dans le grenier
Serrées
les unes contre les autres
Les
petites graines profitent.
De
temps à autre la porte s'ouvre, raie de lumière
L'homme
entre, avec sa pelle il remplit son seau
On
ne les revoit jamais les petites sœurs
Ce
qui fait bien peur, on se raconte dans le grenier
Plein
d'histoires glauques.
Si
bien que lorsque la porte s'ouvre
Toutes
se poussent, roulent, glissent
Afin
de ne pas faire parti du voyage.
Parmi ces petites graines
Une
graine plus petite encore
On
l'ignorait, une chose si minuscule
Ne
mérite pas le nom de graine !
Un
jour cette toute petite décida de profiter du prochain départ
Elle
se prépara du dedans, du dehors, prête à tout, la vie en ce
grenier
Parmi
toutes ces mégères médisantes et tellement savantes
Elle
ne la supportait plus.
Que
s'est-il passé ensuite ?
Je
vous laisse le deviner
L'imaginer
Le
vivre peut-être...
Je
l'appelle "à gorge déployée"
Tant
son chant est puissant
C'est
un merle de Maurice
Je
n'en ai jamais vu
De
si grand.
Malgré
les chats il est ici
Chez
lui, visite les toiles
Tendues
entre les plantes
De
la petit cour
Gobe
les insectes retenus
Dans
le garde manger
De
ces dames, les araignées.
Son
chant est beau
Vraiment,
fait sortir de la maison
Trilles
qui s'élèvent aux ciels
Elles traversent l'air de part en part
En
des spirales de couleurs.
Quand
tu pousses cette porte
C'est
une image, parce qu'en vérité
Il
n'y a pas de porte
Quand
tu oses le sans filet
Et
ne va pas t'imaginer qu'il s'agisse de te jeter
Dans
le vide de la ravine
Non !
Moquerie de la raison que cela
Le
sans filet, c'est aller sans les certitudes d'hier
Ce n'est pas une amnésie
Tu
n'as pas besoin de réapprendre à marcher
Ni
réapprendre à parler, à compter
Encore que parler et compter changent considérablement
Quand
ils ne sont plus sous l'emprise du conditionnement passé
Donc
quand tu fais cela, sans peur, sans aucune excitation
Entrer
dans le secret du secret, en toi
Alors que tu n'es plus dans cette attente souffreteuse de l'autre
Que
tu ne dépends plus ni des promesses, ni des jugements
Ni
des "on dit", ni des "il faut que", etc.
Quand
tu fais cela vraiment...
Pensais-tu
que j'allais te dire ce que tu vois (rires)
Ce
que tu sens, ce que tu découvres, ce qu'il t'arrive ?
Je
n'en sais fichtrement rien, je ne sais que pour moi
A
toi de découvrir, ton chemin qui a du cœur
Ton
chemin dans ton unicité retrouvée.
La
pluie soudaine, surgit au détour d’un virage
Dans
le bleu du ciel, dans l’air tendu, chaud et sec
Des
bulles éclatent, mille parfums...
Impossible
de dire.
… ici
les flagrances des herbes, le mystère des roches, la terre, l’embrun
marin non loin, le bitume, la poussière, l’air se mariant à l'eau
…
Big-bang
qui jamais ne prend fin, d’instant en instant le point de contact
et l’entonnoir de l’existant à l’infini.