mercredi 29 avril 2026

Au-delà de tout processus (163)


Trier, jeter , brûler
Lettres, cartes, reçues au long
Tout au long de cette vie.

Pourquoi les avoir gardées 
Bien rangées dans de jolies boites ?
Le temps est venu de les relire.

Ne pas laisser d'encombrement derrière soi
Un grand feu de joie
Crémation.

 


 

Nous parlions de clair-obscur...

 

S'enfermer dans sa propre parole
S'enfermer dans autant de définitions
S'enfermer dans les peurs des anciens
S'enfermer dans la coutume et la culture
Tout ce qui a été maintenu comme mensonges
Parce qu'enfin nous le savons que nous allons mourir
Que s'ouvre là le champ de l'inconnu
Si beau chant en vérité...

A la pointe de l'aube
Grand coup de vent
Un air froid venu d'ailleurs
La porte s'ouvre... lumière
Ils passent, elle se referme
Non à la manière de la porte
Que tu tiens bien fermée
Surtout que je n'entre pas !

Non, c'est le jour qui se lève...
C'est la nuit qui quitte...

Je disais ne pas connaître l'opposé
Au couchant...
C'est faux ! 
Le soleil n'est plus visible
L'obscurité a gagné
C'est alors le clair-obscur
La porte s'ouvre... 
 
 
 

 
Clair-Obscur pour les enfants de l'eau 

 

Madame Loublié

Les cordes du passé 
Comme celles d’un violon
Vibrent l'air en un appel

Celui du grand sapin dans la nuit
J’ai connu une petite fille
Qui mêlait ses larmes au vent.
 
Je l’ai connu bien vieille
Sur le chemin de Compostelle
Son nom, Mme Loublié.
 
Je m’étais arrêtée parce qu’on m’avait parlé d’elle
Le prétexte ? La crédentiale à tamponner
Je m’en tamponnais bien
Marchant toujours à côté, mais…
 
En face de l’église
Je me souviens aussi d’un pont traversé
J’ai frappé à sa porte.
 
Elle m’attendait, c’est sûr
Elle m’a parlé, parlé
Comme on noie son dernier chagrin
Juste avant de partir.
 
Pendant la dernière guerre
Petite parisienne, elle avait été "déportée"
En Auvergne, où on n’en doutait pas
Elle serait à l’abri, et nourrie correctement
Mais voilà, c’est toujours la même histoire
Il y a cette chose dans l’humain
Qui lui fait manquer de tout dans la séparation
C’est son destin, ça… avant de toucher là ...
Voir ! 
 
Tous les soirs, elle pleurait sa mère
Restée dans la grande ville
Alors elle allait sous le grand sapin
Dans le vent, et même la pluie
Persuadée que celui qui chantait
Du bruissement des longues branches
Comme autant de cheveux emmêlés
Persuadée que ce souffle emporterait
Loin là-bas jusqu’à la capitale
Sa plainte et que sa mère l’entendant
Viendrait la chercher… 
 
 
 
 
 

 
 

dimanche 26 avril 2026

Au-delà de tout processus (162)

 

Pour vous, je serai toujours là
Quoiqu'il arrive, je serai toujours là”

Comme si ce cri venu du plus profond
De la peur tapie dans l'ombre
Pour ne pas dire son nom
Pouvait conjurer le mauvais sort.

Sommes-nous enfin prêts ?
Pour nous déshabiller
Aller nus, sans promesse
Sans attachement ?

Lâcher l'oiseau
Hors de la cage, tous les risques
Hors de la cage, la vie.

 

 


 

A la croisée des chemins, elle était assise

 

Je la voyais si distinctement, assise sur une souche à la croisée des chemins
Que faisait-elle assise là ?
Elle ne semblait pas attendre, je ne percevais pas de tension en elle
Mais il y a des attentes sans objet, alors peut-être…
 
Elle ne semblait pas perdu, ni dans l’inquiétude.
Pourtant à la croisée des chemins, n’y-a-t-il pas un choix à faire 
Pour diriger ses pas ?
Celui qui sait, ne fait pas de choix… c'est donc qu'elle savait !
Alors pourquoi restait assise là ?
 
Une brume s’est levée, enveloppant le paysage de volutes gris-bleutées
Un coup de vent soudain a déchiré le voile
Elle n’était plus là…
 
 
 
 
 
  Michel Ogier 
 

Miroir oh miroir...

 

Elle me dit que vieillir c'est regarder son corps décrépir
« Enfant je l'ai regardé grandir, et maintenant je le regarde se déglinguer ! »
Elle qui a toujours voulu redresser, dresser, je comprends, c'est terrible !
Terrible ce qui lui arrive !!

Mais aussi quelle drôle d'idée de regarder son corps comme un corps étranger !
 
 
 
 

 
 

jeudi 23 avril 2026

De l'eau fraîche

 

Je marchais sans effort, le corps marchait
L'esprit libre, et silencieux, il écoutait
Sans trier, il entendait, l'oreille grande ouverte
Tu sais, cette oreille où tu chuchotais
Ce langage sans la complication des définitions
Cette musique du cœur si généreuse.

Je marchais, et c'était une danse...
De voiles légers, de lumières colorées.