S'assoir
dans ce temps qui ne s'écoule plus
Compter
les grains, un à un
Les
voir se mouvoir si doucement
Au
point de ne plus percevoir le mouvement.
Tout se fige.
S'assoir
dans ce temps qui ne s'écoule plus
Compter
les grains, un à un
Les
voir se mouvoir si doucement
Au
point de ne plus percevoir le mouvement.
Tout se fige.
C'était
un vieux cheval
Bien
fatigué
Le
bruit sourd des vagues
Sur
les gros galets
La
roche et l'eau
Retourner
vers le monde
Se
frayer un passage
Dans
le fouillis, épineux
De
la douleur qui enferme.
Cette
chose constatée à chaque fois
L'extraordinaire
ne fait pas émotion
L'émotion
c'est le quotidien
Dans
son développement et son achèvement.
C'est
dans un calme absolu que se donne
L'information
qui n'est pas du niveau courant
Haut
niveau d'énergie dans cette paix
Pas
de hooo, ni de haaa.
Pas
de projection
On
y est tout entier
Cela
Voit.
L'homme
qui prétend être un prédateur
Se
conduit nécessairement comme un prédateur
Son explication justifie son comportement
Il
piste des proies, les traque, les épuise
Pour
enfin leur sauter dessus
Leurs
gorges tenues serrées entre ses dents
Après
c'est ripaille.
C'est
que celui-ci a élaboré une explication
Sur
la nature de l'homme, sur sa relation au monde
L'explication
a la fonction de maintenir les choses en état
Au
fil du temps, toujours les mêmes
Discours explicatifs,
textes sacrés, mots sacralisés
Ce
qui est encore le moyen de vérifier
Que
les explications produisent cet effet, rien ne change.
Lorsque l'un d'entre eux prétend produire une nouvelle
Explication,
ce n'est qu'une adaptation des plus anciennes
On a remis une couche de peinture sur les façades écaillées
La
révolution en esprit ne passe pas par l'explication
Ni
par la méthode, ni par la technique, ni par l'imitation
Ce
n'est pas une question de volonté
Ce
n'est pas non plus un miracle.
Inhabituel
Cela
cherche l’origine, la cause
On
dirait une cascade
Mais
il n’y en a pas, là où la montagne
Ouvre
les bras à l’océan.
Écouter,
c’est beau
Régulier
Rideau
de perles d’eau
Dans
le lointain
Et
puis, cela sait
Avant
même que la pensée émerge
Pour
dire
Elle
se lève, va rentrer le linge
La
pluie arrive
De
longues minutes
Comme
si elle n’avançait plus
Le
son seulement
L’écho
de ses pas
Mais
l’air fraîchi
S’habille
d’embruns
Le
vent se lève
Elle
est là
S’intensifie
Martèle
les tôles
Le
bitume
Rebondit
sur les feuilles
Ruisselantes.