lundi 20 avril 2026

Au-delà de tout processus (160)

 

Quand l'énergie de l'un
Parle à l'énergie de l'autre
C'est au-delà ...

La durée n'appartient pas à cette rencontre
Elle est de l'instant.



Sem Presser 

Pour toi... ce serait quoi le silence ?

Ce qui ne s'oppose à rien
Ce qui n'impose rien
Le chant du monde si beau
Rien entre lui et l'esprit enchanté
Et le corps tout entier dans cette vibration.

Ce silence je le connais
Et jamais, jamais ne saurais l'utiliser pour faire taire
Pour m'éloigner, tout au contraire...

Tu vois, chacun y met quelque chose de lui
De sa relation au monde, dans ce mot "silence"
Certains même des attentes, des espoirs
Ici, c'est sans attente dans le silence
Instant présent où rien ne manque.

Un peu de brouillard peut-être, mais...
De celui qui se lève sur le lac, la barque glisse
Regarde ! Des milliers d'oiseaux au ciel
Vivant, tellement vivant, ça braille de tout côté...

Juste en son centre, en toi, le silence qui n'impose rien. 
 
 
 
 

 

Silence, tu disais "silence"...

 

Ce qui n'est pas consolable
Ce qui donc ne se raconte pas d'histoire
Ce qui ne se justifie pas
Ce qui ne prétend aucune vérité
Le mot n'est pas la chose.

Le mot silence n'est pas le silence
Et ce serait quoi le silence ?
Le fait de ne pas parler aux autres ?
De leur imposer le mur de la taisure
Un personnage drapé, caché dans son ombre ?

Le dialogue intérieur n'est pas le silence
Le vivant ne cesse de communiquer
Le silence serait-il quelque chose d'artificiel ?
Une sorte de prétention, une forme d'isolement
Une comédie qu'on joue au monde.

Comme les milliers de personnages qui jaillissent
Comme autant de pseudos qu'il faut nourrir
Dans des buts, des discours, des relations
Ainsi on jouerait à..., être silencieux, être mystérieux
Être inaccessible, telle l’inaccessible étoile.

Le silence n'est pas un prétexte !
 
 
 
 

 
 

vendredi 17 avril 2026

Au-delà de tout processus (159)

 

Chaque jour se redécouvrir
Qu’en vérité pas de maison
Pas de grenier
Juste un chemin
Que nos pas tracent, et que le vent efface.

Ainsi nous sommes de plus en plus nombreux
A marcher à ce juste tempo.

 



 

Krishnamurti - La juste position

 

Vous ne devriez pas être trop ici ; soyez si loin qu’ils ne puissent vous trouver, qu’ils ne puissent en avoir après vous pour vous modeler, vous mouler.
Soyez si loin, comme les montagnes, l’air exempt de pollution ; soyez si loin que vous n’ayez ni parents, ni relations, ni famille, ni pays ; soyez si loin que vous ne sachiez même pas qui vous êtes ; ne les laissez pas vous trouver ; ne les laissez pas entrer en contact de manière trop proche.
Tenez-vous loin là où vous ne pouvez même pas vous trouver vous-même ; gardez une distance qui ne peut jamais être franchie ; gardez un passage ouvert à travers lequel personne ne peut venir.
Ne fermez pas la porte car il n’y a pas de porte, seulement une ouverte, passage sans fin. Si vous fermez n’importe quelle porte, ils seront très proches de vous, puis vous serez perdus.

Tenez-vous loin là où leur souffle ne peut vous atteindre, et leur souffle voyage très vite et très profondément ; ne vous laissez pas contaminer par eux ; par leurs mots, par leurs gestes, par leur grande connaissance.
Ils ont une grande connaissance, mais soyez si loin d’eux que vous ne pouvez même pas vous trouver vous-même. Parce qu’ils vous attendent, à chaque coin de rue, dans chaque maison, pour modeler, pour vous mouler, vous déchirer en morceaux, puis vous mettre tous ensemble à leur propre image.
Leurs dieux, les petits et les grands, sont des images d’eux-mêmes, sculptés par leur propre esprit ou leurs propres mains. Ils vous attendent, l’homme d’église et le Communiste, le croyant et le non-croyant, parce qu’ils sont les mêmes ; ils pensent qu’ils sont différents mais ils ne le sont pas car ils vous lavent tous deux le cerveau, jusqu’à ce que vous soyez des leurs, jusqu’à ce que vous répétiez leurs mots, jusqu’à ce que vous adoriez leurs saints, les anciens et les récents, ils ont des armées pour leurs dieux et pour leurs pays, et ils ont des experts en tuerie.
Tenez-vous loin, mais ils vous attendent, l’éducateur et l’homme d’affaires ; on vous entraîne pour les autres à vous conformer aux demandes de la société, ce qui est une chose mortelle.
Ils feront de vous un scientifique, un ingénieur, un expert de presque tout, de la cuisine à l’architecture, en passant par la philosophie.

Tenez-vous loin, très loin ; ils vous attendent le politicien et le réformiste ; les uns vous traînent dans le caniveau, les autres vous réforment.
Ils jonglent avec les mots et vous serez perdus dans leur désert.
Tenez-vous loin ; ils vous attendent, les experts en dieux et les lanceurs de bombes ; les uns vous convaincront et les autres vous montreront comment tuer ; il y a tellement de manières pour trouver dieu, et tellement, tellement de manières de tuer.

Mais outre tout cela, il y a les requêtes des autres vous disant quoi faire et quoi ne pas faire, tenez-vous loin de tous ceux qui vous attendent, mais alors le jeu devient si compliqué et divertissant qu’alors vous serez perdu.
Vous ne devriez pas être trop ici, soyez si loin que vous ne pouvez vous trouver vous-même.

Ils ont une chose appelée société et famille : ces deux sont leurs réels dieux, le filet dans lequel vous serez empêtrés.

Krishnamurti’s Notebook, Full Text Edition, pp. 379–381
© 2003 by Krishnamurti Foundation Trust Ltd.
 
 
 
 
 

 


En tout point ...

 

Le plus important
Cela se dit
Cela se proclame
Est de:
« Garder espoir ! »

Ah ?
Des promesses
Rien que des promesses
Mais voyez ! Voyez donc !
Elles ne sont jamais tenues.

Qu'en faites-vous alors ?
Que faîtes-vous de vos désillusions ?

Il y a un état plus profond
De confiance, de paix
Ni espérance, ni désespérance
Qui fait l'esprit libre devant ce qui se présente
Nouveau, toujours nouveau... 
 
 
 
 
 
 
  
 

mardi 14 avril 2026

Au-delà de tout processus (158)

 

C'est l'heure où la ravine se tait
Plus rien ne bouge
La magie du silence.

Au loin, si loin, un train passe
Ce n'est pas ici, ce n'est pas là-bas
Le train passe.
Deux mondes.

Et là, dans la petite cour emmurée
Le silence est là
Le merle de Maurice surgit
Il traverse.