C'était
un vieux cheval
Bien
fatigué
Le
bruit sourd des vagues
Sur
les gros galets
La
roche et l'eau
Retourner
vers le monde
Se
frayer un passage
Dans
le fouillis, épineux
De
la douleur qui enferme.
C'était
un vieux cheval
Bien
fatigué
Le
bruit sourd des vagues
Sur
les gros galets
La
roche et l'eau
Retourner
vers le monde
Se
frayer un passage
Dans
le fouillis, épineux
De
la douleur qui enferme.
Cette
chose constatée à chaque fois
L'extraordinaire
ne fait pas émotion
L'émotion
c'est le quotidien
Dans
son développement et son achèvement.
C'est
dans un calme absolu que se donne
L'information
qui n'est pas du niveau courant
Haut
niveau d'énergie dans cette paix
Pas
de hooo, ni de haaa.
Pas
de projection
On
y est tout entier
Cela
Voit.
L'homme
qui prétend être un prédateur
Se
conduit nécessairement comme un prédateur
Son explication justifie son comportement
Il
piste des proies, les traque, les épuise
Pour
enfin leur sauter dessus
Leurs
gorges tenues serrées entre ses dents
Après
c'est ripaille.
C'est
que celui-ci a élaboré une explication
Sur
la nature de l'homme, sur sa relation au monde
L'explication
a la fonction de maintenir les choses en état
Au
fil du temps, toujours les mêmes
Discours explicatifs,
textes sacrés, mots sacralisés
Ce
qui est encore le moyen de vérifier
Que
les explications produisent cet effet, rien ne change.
Lorsque l'un d'entre eux prétend produire une nouvelle
Explication,
ce n'est qu'une adaptation des plus anciennes
On a remis une couche de peinture sur les façades écaillées
La
révolution en esprit ne passe pas par l'explication
Ni
par la méthode, ni par la technique, ni par l'imitation
Ce
n'est pas une question de volonté
Ce
n'est pas non plus un miracle.
Inhabituel
Cela
cherche l’origine, la cause
On
dirait une cascade
Mais
il n’y en a pas, là où la montagne
Ouvre
les bras à l’océan.
Écouter,
c’est beau
Régulier
Rideau
de perles d’eau
Dans
le lointain
Et
puis, cela sait
Avant
même que la pensée émerge
Pour
dire
Elle
se lève, va rentrer le linge
La
pluie arrive
De
longues minutes
Comme
si elle n’avançait plus
Le
son seulement
L’écho
de ses pas
Mais
l’air fraîchi
S’habille
d’embruns
Le
vent se lève
Elle
est là
S’intensifie
Martèle
les tôles
Le
bitume
Rebondit
sur les feuilles
Ruisselantes.
-- C'est
quoi ordre et contre-ordre ?
Si cette expression ne fait écho à rien en toi
Laisse-moi
te dire...
Aux
frontons des mairies : liberté, égalité, fraternité
Et
c'est aussi en nous cela, nous sommes nés pour ça
Alors
que cette société ordonne au toujours plus
A
la consommation, la compétition, être le plus fort
T'enchaînant
en soumissions
Contre-ordre !
Alors
tu n'y crois pas, tu n'y crois plus
Ta
raison t'aura des centaines de fois, dit que ce n'est pas raisonnable
Pas
possible, en des démonstrations qui semblent si logiques
Mais
pourtant, que tu en sois conscient ou pas, c'est là en toi
Tu
es né pour cela
Ordre
et contre-ordre dans ton intimité la plus essentielle.
C'est
encore ce travail, et tu voulais le faire, bien, ce travail
Quelque
chose qui ait du sens, une finalité au-delà de toi
C'est
tellement vrai pour le travail social, pour la relation d'aide
De
soin, mais aussi
Pour
le peintre, le mécanicien, l'informaticien, etc.
Bien
faire ton travail, c'est ce que l'on attend de toi
Mais !
Regarde, vois, comment tout est fait pour que tu ne puisses jamais
Le
faire bien, qu'il faut faire vite, rentable, en compétition toujours
Que
tu te déshumanises en des actes qui vont à l'encontre du juste.
C'est
encore cet enfant que tu mets au monde, protection tu lui dois
Afin
qu'il puisse grandir dans les meilleures conditions possibles
C'est inscrit dans les textes, les droits de l'enfant
Et
voilà que tu es dépossédé de sa santé
On
t'impose de vacciner ce tout petit
Faire
entrer dans son corps des produits chimiques
Au mépris du risque
qui est grand !
Et
voilà que tu es dépossédé de son éducation
La
crèche, la maternelle, la primaire, des méthodes, des spécialistes
Des
programmes, des punitions, des récompenses, manipulation !
C'est
encore...
Il
y a tant d'exemples !
Mais
en faire une généralité que l'on puisse poser sur la table
En
des analyses, des chiffres peut-être, cela n'a que peu d'intérêt
Sauf
à alerter, sauf à dire « Hé regarde de ce côté-là »
Parce
que la seule chose qui change la donne
C'est,
Voir, Voir ce mouvement contradictoire au moment
De
se réaliser en toi
Alors
la force de rompre.
Elle
est si puissante la force de rompre quand tu vois !
Sans
doute, sans questionnement, tu sais ce que tu dois faire
Et
tu le fais !
Si
tu parviens à démasquer
Ce
principe d'aliénation
Ordre et contre-ordre
Qui
régit nos sociétés
Souvent nos relations
Et
encore notre psyché
Qui te fait t'éloigner
Toujours plus
De
l'essentiel en toi.
Si tu vois cela à l’œuvre
La
force, la force de rompre
Avec
cette incohérence qui
Rend
fou, impuissant, insensible.
La mémoire travaille
Avec les regrets et les rancœurs
Les
replis, les processus de protection
Une
mémoire cela se libère.
Et
voilà...
C'est
là, intact
Dans le corps, le chant vibratoire
Toujours en ouverture.