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samedi 2 mai 2026

"Celui-là"

 

Celui-là n'avait peur de rien
Ni du trop, ni du trop peu
Il faisait avec tout, en tout.
 
Celui-là était si doux
Dans son baiser
Souche, il était.

Jamais, il ne disait
Ce qui devrait être fait
Accueillant ce qui Est.

Magie de l'alchimie en soi.

Transmutation instantanée
Des forces contraires
En forces mariées.

Est-il mort celui-là ?

Sa trace est là
C'est elle que je hume
Sans peur et sans regret
Et je ne suis pas la seule
A faire ça.
 
 
 
 

 

suite et fin "Mme Loublié"


J'avais franchi ce pont et déjà le glissement, peut être depuis la veille quand on m'avait parlé d'elle avec tant de commisération, qu'on lui avait laissé le tampon que plus personne n'allait la voir depuis qu'elle ne pouvait plus héberger les pèlerins. Mais au fond quand les rencontres se font, c'est comme si elles étaient inscrites dans le chemin de vie.

A chaque fois, cette intimité immédiate, enfin plus que cela parce que cette forme d'intimité je la ressens avec toutes personnes, les humains, mais aussi les animaux, et les arbres, et les montagnes... il n'y a que les humains qui s'en trouvent gênés, alors garder cela secret. Plus ?

C'est attendu, un rendez-vous qu'il est impossible de manquer, qui vient à son heure sonnée, quelque chose s'étonne de cela, quelque chose le sait. Quand je suis partie, je l'ai prise dans mes bras, elle tremblait un peu, je crois qu'à cet instant, c'est sa mère qui la prenait, elle petite fille, contre son cœur. Le vent avait fini par répondre à son appel. 
Là, le temps n'existe plus, c'est bien tous les temps en même temps...
 
 
 
 
Gustave Moreau - Galatea 

 

mercredi 29 avril 2026

Nous parlions de clair-obscur...

 

S'enfermer dans sa propre parole
S'enfermer dans autant de définitions
S'enfermer dans les peurs des anciens
S'enfermer dans la coutume et la culture
Tout ce qui a été maintenu comme mensonges
Parce qu'enfin nous le savons que nous allons mourir
Que s'ouvre là le champ de l'inconnu
Si beau chant en vérité...

A la pointe de l'aube
Grand coup de vent
Un air froid venu d'ailleurs
La porte s'ouvre... lumière
Ils passent, elle se referme
Non à la manière de la porte
Que tu tiens bien fermée
Surtout que je n'entre pas !

Non, c'est le jour qui se lève...
C'est la nuit qui quitte...

Je disais ne pas connaître l'opposé
Au couchant...
C'est faux ! 
Le soleil n'est plus visible
L'obscurité a gagné
C'est alors le clair-obscur
La porte s'ouvre... 
 
 
 

 
Clair-Obscur pour les enfants de l'eau 

 

Madame Loublié

Les cordes du passé 
Comme celles d’un violon
Vibrent l'air en un appel

Celui du grand sapin dans la nuit
J’ai connu une petite fille
Qui mêlait ses larmes au vent.
 
Je l’ai connu bien vieille
Sur le chemin de Compostelle
Son nom, Mme Loublié.
 
Je m’étais arrêtée parce qu’on m’avait parlé d’elle
Le prétexte ? La crédentiale à tamponner
Je m’en tamponnais bien
Marchant toujours à côté, mais…
 
En face de l’église
Je me souviens aussi d’un pont traversé
J’ai frappé à sa porte.
 
Elle m’attendait, c’est sûr
Elle m’a parlé, parlé
Comme on noie son dernier chagrin
Juste avant de partir.
 
Pendant la dernière guerre
Petite parisienne, elle avait été "déportée"
En Auvergne, où on n’en doutait pas
Elle serait à l’abri, et nourrie correctement
Mais voilà, c’est toujours la même histoire
Il y a cette chose dans l’humain
Qui lui fait manquer de tout dans la séparation
C’est son destin, ça… avant de toucher là ...
Voir ! 
 
Tous les soirs, elle pleurait sa mère
Restée dans la grande ville
Alors elle allait sous le grand sapin
Dans le vent, et même la pluie
Persuadée que celui qui chantait
Du bruissement des longues branches
Comme autant de cheveux emmêlés
Persuadée que ce souffle emporterait
Loin là-bas jusqu’à la capitale
Sa plainte et que sa mère l’entendant
Viendrait la chercher… 
 
 
 
 
 

 
 

dimanche 26 avril 2026

A la croisée des chemins, elle était assise

 

Je la voyais si distinctement, assise sur une souche à la croisée des chemins
Que faisait-elle assise là ?
Elle ne semblait pas attendre, je ne percevais pas de tension en elle
Mais il y a des attentes sans objet, alors peut-être…
 
Elle ne semblait pas perdu, ni dans l’inquiétude.
Pourtant à la croisée des chemins, n’y-a-t-il pas un choix à faire 
Pour diriger ses pas ?
Celui qui sait, ne fait pas de choix… c'est donc qu'elle savait !
Alors pourquoi restait assise là ?
 
Une brume s’est levée, enveloppant le paysage de volutes gris-bleutées
Un coup de vent soudain a déchiré le voile
Elle n’était plus là…
 
 
 
 
 
  Michel Ogier 
 

Miroir oh miroir...

 

Elle me dit que vieillir c'est regarder son corps décrépir
« Enfant je l'ai regardé grandir, et maintenant je le regarde se déglinguer ! »
Elle qui a toujours voulu redresser, dresser, je comprends, c'est terrible !
Terrible ce qui lui arrive !!

Mais aussi quelle drôle d'idée de regarder son corps comme un corps étranger !
 
 
 
 

 
 

jeudi 23 avril 2026

De l'eau fraîche

 

Je marchais sans effort, le corps marchait
L'esprit libre, et silencieux, il écoutait
Sans trier, il entendait, l'oreille grande ouverte
Tu sais, cette oreille où tu chuchotais
Ce langage sans la complication des définitions
Cette musique du cœur si généreuse.

Je marchais, et c'était une danse...
De voiles légers, de lumières colorées.
 
 
 
 
 

 
 
 

Expansion / concentration

Aux portes de l'au-delà
Ils racontent la récapitulation
Toute la vie, qu'ils disent, qui défile
A les entendre, on pourrait croire que
C'est un défilé qui s'en va, ou encore
Chrétienté oblige, le suprême examen de conscience
La pesée de l'âme, mais ça c'est la tradition Égyptienne !

Non ! Rien ne s'en va, tout au contraire
Fin du mouvement d'expansion de la naissance à la mort
Aspiration... tout rentre à la maison... concentration
Toutes les pièces s'assemblant en un point
Le point, on le dit, signe la fin
Certes, mais il signe aussi le commencement.
 
 
 
 
 

 

lundi 20 avril 2026

Pour toi... ce serait quoi le silence ?

Ce qui ne s'oppose à rien
Ce qui n'impose rien
Le chant du monde si beau
Rien entre lui et l'esprit enchanté
Et le corps tout entier dans cette vibration.

Ce silence je le connais
Et jamais, jamais ne saurais l'utiliser pour faire taire
Pour m'éloigner, tout au contraire...

Tu vois, chacun y met quelque chose de lui
De sa relation au monde, dans ce mot "silence"
Certains même des attentes, des espoirs
Ici, c'est sans attente dans le silence
Instant présent où rien ne manque.

Un peu de brouillard peut-être, mais...
De celui qui se lève sur le lac, la barque glisse
Regarde ! Des milliers d'oiseaux au ciel
Vivant, tellement vivant, ça braille de tout côté...

Juste en son centre, en toi, le silence qui n'impose rien. 
 
 
 
 

 

Silence, tu disais "silence"...

 

Ce qui n'est pas consolable
Ce qui donc ne se raconte pas d'histoire
Ce qui ne se justifie pas
Ce qui ne prétend aucune vérité
Le mot n'est pas la chose.

Le mot silence n'est pas le silence
Et ce serait quoi le silence ?
Le fait de ne pas parler aux autres ?
De leur imposer le mur de la taisure
Un personnage drapé, caché dans son ombre ?

Le dialogue intérieur n'est pas le silence
Le vivant ne cesse de communiquer
Le silence serait-il quelque chose d'artificiel ?
Une sorte de prétention, une forme d'isolement
Une comédie qu'on joue au monde.

Comme les milliers de personnages qui jaillissent
Comme autant de pseudos qu'il faut nourrir
Dans des buts, des discours, des relations
Ainsi on jouerait à..., être silencieux, être mystérieux
Être inaccessible, telle l’inaccessible étoile.

Le silence n'est pas un prétexte !
 
 
 
 

 
 

vendredi 17 avril 2026

Krishnamurti - La juste position

 

Vous ne devriez pas être trop ici ; soyez si loin qu’ils ne puissent vous trouver, qu’ils ne puissent en avoir après vous pour vous modeler, vous mouler.
Soyez si loin, comme les montagnes, l’air exempt de pollution ; soyez si loin que vous n’ayez ni parents, ni relations, ni famille, ni pays ; soyez si loin que vous ne sachiez même pas qui vous êtes ; ne les laissez pas vous trouver ; ne les laissez pas entrer en contact de manière trop proche.
Tenez-vous loin là où vous ne pouvez même pas vous trouver vous-même ; gardez une distance qui ne peut jamais être franchie ; gardez un passage ouvert à travers lequel personne ne peut venir.
Ne fermez pas la porte car il n’y a pas de porte, seulement une ouverte, passage sans fin. Si vous fermez n’importe quelle porte, ils seront très proches de vous, puis vous serez perdus.

Tenez-vous loin là où leur souffle ne peut vous atteindre, et leur souffle voyage très vite et très profondément ; ne vous laissez pas contaminer par eux ; par leurs mots, par leurs gestes, par leur grande connaissance.
Ils ont une grande connaissance, mais soyez si loin d’eux que vous ne pouvez même pas vous trouver vous-même. Parce qu’ils vous attendent, à chaque coin de rue, dans chaque maison, pour modeler, pour vous mouler, vous déchirer en morceaux, puis vous mettre tous ensemble à leur propre image.
Leurs dieux, les petits et les grands, sont des images d’eux-mêmes, sculptés par leur propre esprit ou leurs propres mains. Ils vous attendent, l’homme d’église et le Communiste, le croyant et le non-croyant, parce qu’ils sont les mêmes ; ils pensent qu’ils sont différents mais ils ne le sont pas car ils vous lavent tous deux le cerveau, jusqu’à ce que vous soyez des leurs, jusqu’à ce que vous répétiez leurs mots, jusqu’à ce que vous adoriez leurs saints, les anciens et les récents, ils ont des armées pour leurs dieux et pour leurs pays, et ils ont des experts en tuerie.
Tenez-vous loin, mais ils vous attendent, l’éducateur et l’homme d’affaires ; on vous entraîne pour les autres à vous conformer aux demandes de la société, ce qui est une chose mortelle.
Ils feront de vous un scientifique, un ingénieur, un expert de presque tout, de la cuisine à l’architecture, en passant par la philosophie.

Tenez-vous loin, très loin ; ils vous attendent le politicien et le réformiste ; les uns vous traînent dans le caniveau, les autres vous réforment.
Ils jonglent avec les mots et vous serez perdus dans leur désert.
Tenez-vous loin ; ils vous attendent, les experts en dieux et les lanceurs de bombes ; les uns vous convaincront et les autres vous montreront comment tuer ; il y a tellement de manières pour trouver dieu, et tellement, tellement de manières de tuer.

Mais outre tout cela, il y a les requêtes des autres vous disant quoi faire et quoi ne pas faire, tenez-vous loin de tous ceux qui vous attendent, mais alors le jeu devient si compliqué et divertissant qu’alors vous serez perdu.
Vous ne devriez pas être trop ici, soyez si loin que vous ne pouvez vous trouver vous-même.

Ils ont une chose appelée société et famille : ces deux sont leurs réels dieux, le filet dans lequel vous serez empêtrés.

Krishnamurti’s Notebook, Full Text Edition, pp. 379–381
© 2003 by Krishnamurti Foundation Trust Ltd.
 
 
 
 
 

 


En tout point ...

 

Le plus important
Cela se dit
Cela se proclame
Est de:
« Garder espoir ! »

Ah ?
Des promesses
Rien que des promesses
Mais voyez ! Voyez donc !
Elles ne sont jamais tenues.

Qu'en faites-vous alors ?
Que faîtes-vous de vos désillusions ?

Il y a un état plus profond
De confiance, de paix
Ni espérance, ni désespérance
Qui fait l'esprit libre devant ce qui se présente
Nouveau, toujours nouveau... 
 
 
 
 
 
 
  
 

mardi 14 avril 2026

Quand les déserts refleuriront

De leur vie intérieure ils ont fait un désert
A force de compromissions, de soumissions
De mensonges, d'émotions négatives
De colère, de haine
Ce n'est plus qu'un désert.

Comme se sera beau, le jour où tous ces déserts
Refleuriront !
 
 
 
 
 
 

 
 
 

Dans cette accélération

 

Et alors que le temps s'accélère
Que tout va tellement vite
Les cartes s'abattent
Avant même qu'on ait pu les poser.
 
 
 
 
Jake Baddeley 

 

dimanche 12 avril 2026

Le culte de la répétition

Le mouvement ne se fait pas
Comme il est raconté par les moralistes
De moi, si bon, si grand, à l'autre
Si petit, tellement dans le besoin.

Ce n'est pas un mouvement linéaire
Comme celui que la pensée fait
D'hier à demain, cause à effet
Ni même un mouvement circulaire.

Mais enfin ! Ne savons-nous pas ?
Ne savons-nous pas que la terre n'est pas plate !
Qu'elle n'est pas le centre de l'univers
Expansion, concentration en même temps.

Tout change à chaque instant...
Et nous pauvres fous à vouloir garder
Des vérités d'hier, des sous engrangés
Des anniversaires, des noëls ... 


Déjà publié ici 

 

 Mur des réformateurs,  à Genève. 

 

De la raison

Madame raison est si coincée !
Raide comme un i
Elle pense à la droiture
A la vertu, comme autant
De gages de sa bonne conduite
De sa bonne pensée
De son bon droit, voilà tout.

 

Déjà publié ici 

 


 

 

vendredi 10 avril 2026

Mais ça change quoi, dis ?

Ça change quelque chose
Que la sortie du grenier
Soit décidée, voulue, désirée ?
Car après tout, toutes les graines vont sortir !

Ahhh, ça change tout
C'est du tout ou tout
Question de conscience !
Tu comprends ?

Celui qui y va malgré lui, dans la peur
Ou dans l'inconscience, ne change pas de dimension
Il meurt, il retourne et retourne et retourne
De cette naissance on décide.

 

Déjà publié ici 

 


 

 

Naissance...

J'ai déjà raconté l'histoire de la petite graine
Dans le grenier
On y est bien dans le grenier
Serrées les unes contre les autres
Les petites graines profitent.

De temps à autre la porte s'ouvre, raie de lumière
L'homme entre, avec sa pelle il remplit son seau
On ne les revoit jamais les petites sœurs
Ce qui fait bien peur, on se raconte dans le grenier
Plein d'histoires glauques.

Si bien que lorsque la porte s'ouvre
Toutes se poussent, roulent, glissent
Afin de ne pas faire parti du voyage.

Parmi ces petites graines
Une graine plus petite encore
On l'ignorait, une chose si minuscule
Ne mérite pas le nom de graine !

Un jour cette toute petite décida de profiter du prochain départ
Elle se prépara du dedans, du dehors, prête à tout, la vie en ce grenier
Parmi toutes ces mégères médisantes et tellement savantes
Elle ne la supportait plus.

Que s'est-il passé ensuite ?
Je vous laisse le deviner
L'imaginer
Le vivre peut-être...

 

Déjà publié ici 

 

Jean-François Millet