Pour
la première fois, je me suis perdue. En quittant Montgivray, j’ai fait 5
km pour me retrouver à mon point de départ, alléluia !
Il fait beau, hier était la seule journée de pluie, alléluia !
J’ai perdu une de mes chaussettes à 70 Frs, alléluia !
Les commerces sont tous fermés, je n’ai pas pensé qu’aujourd’hui c'est férié, plus rien à manger, alléluia !
Il y a enterrement à l’église de Neuvy Saint Sépulcre que je voulais visiter, alléluia !
Pauvre
petit singe, le voilà qui s’excite contre les barreaux de sa cage. Plus
d’espace, plus de joie, tout à la confrontation du désir. Quel désir ?
Le désir confus, sans objet, toujours contrarié. Il est mauvaise humeur,
quoi qu’il en soit. Il se fait résistance, arrogance, dans un face à
face mortifère. Cela s’auto-alimente, et ainsi est sans fin, sauf, à ce
que quelque chose se décide à céder.
Elle
attend, dans l’unique café, la fin de l’enterrement, elle les observe
papoter comme si de rien n’était. Sûr, cela ne les concerne pas, c’est
la mort d’un autre, d’un plus vieux qui attendait sa fin, ils peuvent
continuer à durer.
Elle
entre finalement dans l’église. Celle-ci a été construite à la commande
d’un croisé à son retour de Terre Sainte, circulaire comme le Saint
Sépulcre de Jérusalem. Un cardinal y aurait déposé une relique du sang
du christ, c’est alors devenu un lieu de pèlerinage. Le sang du christ,
quelle folie !
Là
au centre, dans un cercueil en verre, Il gît sans vie. Une nausée lui
soulève le cœur : "Que fais tu là, Rabi, mon pauvre ami ? N’ont-ils pas
dit que tu étais ressuscité, pourquoi, te présenter en cette condition ?
Tu leur sers d’alibi, c’est sûr ! Ils profitent de ton silence depuis
que tu n’as plus de grandes colères pour leur dire leurs quatre vérités. Que tout cela est laid !"
La voilà vide, elle peut poursuivre son chemin.
A
Mouhers, charmant petit village, j’ai pris une collation dans un
restaurant, et me voici autorisée à planter la tente sur la pelouse.
J’ai même accès à un point d’eau, et ça c’est un grand bienfait.
Demain,
je passerai à St Plantaire, à cause du nom et de mes voûtes plantaires.
Les rafraîchir à l’air libre, n’apporte qu’un bref soulagement, et me
fait perdre beaucoup de temps. Après tout, je ne risque rien.
Voilà,
la journée est finie, plus rien à faire, plus de pensées, plus de
tension, le sommeil descend au rythme du grand astre se fondant à la
ligne d’horizon, doucement, doucement…

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