dimanche 6 juillet 2025

Chemin de Compostelle - Le 11 Mai 1999

 

La nuit a été courte, encore une sacrée échaudée qui m’a tenue éveillée et m’a laissée trempée. Le rossignol a chanté, mes hôtes m’avaient prévenue, « Au milieu de la nuit… ». Ainsi là-bas en ce pré, cette étrangeté, c’était le rossignol.
Ils se sont levés si tôt, pour partager avec moi le petit déjeuner. Mon sac est plein des victuailles préparées par Dominique. Dans la poche, j’ai un "crobar" pour me rendre au presbytère, là, je devrais être accueillie pour la nuit prochaine.

Plus tard, elle découvre des pochettes rafraîchissantes, à coté du jambon et autres gâteries. Sa mère est comme ça, ne laissant rien au hasard, cherchant à combler tous les vides, et tellement malheureuse de ne pouvoir le faire. Ça fait étouffement !
Son passage, en pareille équipée, réveille… Dominique a dit dans la soirée : « J’étais dans le jardin, et j’ai vu au loin un point bleu, cela avançait si lentement. » Dès ce moment là, son corps vibrait au rythme de la fatigue, de cette évidente vulnérabilité. Comme il est difficile de recevoir de plus petit…
La pélégrina se dit qu’il faudrait, ne pas les décevoir, se laisser faire, mais en même temps sentir si fort le désir de maîtrise derrière ces "bonnes intentions". Ah, quelle complication, ça fait des nœuds, inextricables ! Trop près, trop loin fredonne la rengaine. Mais quand même en cet instant, c’est en elle la confusion, elle se dit qu’elle doit être bien fatiguée. Alors, à une halte qui s’imposait, elle s’endort.

C’est la première fois que le sommeil me prend ainsi, au bord de la route. Qui veille alors ?
Cette sieste m’a fait un bien fou, je suis comme neuve et c’est avec entrain que je débarque à La Souterraine.
C’est la première fois, aussi, que j’ai l’idée de laisser mon sac pour visiter la ville. Je l’ai confié au café près de la porte St Jean.
Une vierge en majesté trône au dessus du portail latéral de l’église. Une église étroite, haute, et tellement sombre, on dirait une tranche d’obscurité dans la lumière du jour, souterraine en plein ciel.
La porte de la crypte reste cachée. Je ne me décide pas à demander au passant, la fatigue reprend ses droits et appesantit mes pas, je retourne chercher mon sac. Je sors le crobar. Je ne trouve pas la rue, incapable de m’orienter et de me renseigner.
Un pépé me fait remarquer que je me promène avec toute ma maison sur le dos. Comme la tortue en question, je rentre dans mon antre, et décide de rebrousser chemin en direction du camping que j’ai vu indiqué à l’entrée de la ville. Lourde de ces pas, sans pensée, j’avance et arrive, enfin, au camping.

Au bord d’un lac, tout près de la tour Bridier, là serait un souterrain menant à la crypte…


 


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