Le soleil du grand Est a attendu que je sois prête. Le voici qui allume les verts de ce doux vallon.
Quelque
chose commande ici l’arrêt : une apesanteur, une forme d’inertie
bouillonnante. Avec l’accord du docteur, je prends une journée de repos
en ce lieu.
Le
gîte est derrière l’église que j’ai visitée avec doc, lui aussi est
découvreur de son clocher. Ici pas de recherches généalogiques, on
s’intéresse au langage des symboles.
Trois marches à franchir pour accéder au chœur, trois confirmations, trois états… trois plans ?
Ces explications ne font qu’épaissir le brouillard en son esprit.
Elle
aimerait pouvoir en faire un chemin d’ici à là-bas, mais elle ne peut
pas. Elle s’est toujours méfiée de ce qui prétend décoder le mystère, ce
qui sépare des initiés et des non-initiés, elle juge l’arrogance de ces
maîtres qui dictent des façons de faire, de penser, de se représenter
le monde, la relation au vivant.
Elle
aimerait pouvoir rejeter ces concepts, en finir avec cette mastication
mentale qui tourne en rond, mais ça aussi ce n’est pas possible. Tout
d’abord, elle n’a pas les idées assez claires, et puis, elle sent que
quelque chose cherche à se dire à travers ce brouillard, quelque chose
qui parle de ce frémissement en elle, en résonance. Et puis, la voici
qui marche sur son fil, confrontée aux interdits et à son désir de
maîtrise
En
ce gîte, où hier s’étaient arrêtés quelques pèlerins, elle est seule,
elle s’endort, dans une solitude qui ne reconnaît pas sa propre image.

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