De
Duras à La Réole, plus de souvenir, elle a marché. L’orage menaçait,
lorsqu’elle est entrée dans la ville, il vibrait l’air, et le ciel ne
cessait de s’assombrir. Au syndicat d’initiative, une jeune fille lui a
donné l’adresse d’une personne qui reçoit des pèlerins.
J’ai
eu quelques difficultés à trouver la maison, mais enfin c’est chose
faîte. Un chien se déchaîne derrière la porte, un gros chien à entendre
le timbre de sa voix. Personne ne vient ouvrir, mais c’est bien là,
devant l’entrée une maisonnette avec coquille signale le repère.
Alors
que la pluie commence à tomber, ils sont arrivés. Ici, tradition
chrétienne oblige, on se consacre à chaque pèlerin avec entrain selon un
plan bien établi.
Pendant
que Jeanne prépare le repas, je prends un bain. Ces moments rares sont
très appréciés. Je plonge, avec délice, dans l’eau chaude et parfumée.
Comme une myriade de bulles qui jailliraient d’un jacuzzi, les tensions
viennent éclater à la surface. Ne reste plus qu’un état de relâchement
qui appelle le repos.
Impossible de refuser le repas, et celui-ci
fini, je n’ose demander à monter au lit, Michel a tant de choses à
raconter. Il parle, il parle, je me traîne d’un propos à l’autre, la
chienne ne cessant de me grogner dessus.
C’est, paraît-il, dans ses habitudes. Ses maîtres accueillent l’étranger, et elle, montre les crocs. C’est déconcertant.
Enfin, on m’envoie me coucher.
Toute
la nuit, l’orage a déversé des trombes d’eau. Trop chaud, trop enfermé,
je reste coincée dans l’inconfort d’un sommeil qui ne vient pas.

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