Dimanche. Ils étaient levés tous les deux pour me souhaiter bon voyage. J’ai bénéficié d’une considérable ristourne, sous prétexte que la table à repasser encombrait la chambre. Adieu amis silencieux, merci du cœur.
Je
n’appréhende plus la traversée des Landes. Hier, le silence, la forêt,
une présence accompagnait. C’est vers une rencontre que je vais en ce
désert de pins.
A Bourriot Bergence un rassemblement de
motos, des anciennes, des récentes, toutes rutilantes. Elles me
doublent, un peu plus tard, sur la petite route en direction de Rejtons.
Signes d’amitié et de soutient, moment joyeux et plein d’énergie.
Les voilà partis, plus personne, la fatigue s’appesantit, la fin de journée s’annonce. Le coin est sympa, et je vois des tas de possibilités pour la pose qui s’impose, pourtant j’hésite à m’arrêter, ça "puire" ! A n’en pas douter, il y a de l’élevage dans le coin.
A l’appel d’un gros chêne, je n’ai pas résisté. Je délasse, tétant la gourde, lorsqu’arrivent, au pas de course, deux jeunes filles. Sylvette et sa sœur viennent me proposer une boisson fraîche. Elles sont très gaies, elles me font penser à ces deux chiennes qui étaient venues me faire la fête, un peu avant Châtres, le même enthousiasme, les bavouilles en moins ! Elles me parlent d’un couple d’amis, ils ont fait le pèlerinage de Compostelle et s’occupent de baliser le chemin dans la région. Elles me proposent de les rencontrer.
Tout
s’organise vite, si vite. Alain et Dominique nous ont rejoints à la
ferme. Ils me parlent d’un tas de choses, et du gîte qui m’attend à deux
kilomètres. Sylvette m’accompagne, à pieds, jusqu’à ce logis
providentiel.
Il
en est ainsi sur le chemin, alors que tout est silence en ce rythme
lent de la marche, surviennent des accélérations, comme des coups de
vents dans un soir d’été, et ça vous tournicote la tête, d’odeurs, de
couleurs, de bruissements.
A Rejtons, le logis, le couvert, échanger, les premières histoires de pèlerins. Je comprends qu’au-delà de St Jean, aux pieds des Pyrénées, c’est une autre aventure qui commence. Les mots s’envolent me laissant un drôle de sentiment, d’étrangeté, de mystère.

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