Parfois
sur le camino passe un troupeau de pèlerins, ça braille, ça chahute,
comme des enfants joyeux, et turbulents, ils vont le pas alerte et
décidé.
Rester ouverte dans ma différence, cela redevient possible,
et je retrouve le goût du tendre, l’effet comique de certaines
situations. Témoin silencieux de tant de scènes de la vie courante, avec
affection pour ces inconnus.
Cette femme qui sort de chez elle pour
aller jardiner, l’outil à la main. Cet enfant à l’air triste au coin de
la rue, le petit chat qui miaule, on le croirait perdu, celui là qui
passe avec un si beau bouquet de fleurs sauvages en la main.
Je suis ce chemin qui au loin serpente le mont, comme un dos de bossu.
Ah, cet état de vulnérabilité qui fait que l’on reçoit tout au centuple, la gentillesse comme le rejet.
J’ai
rencontré le petit espagnol "Qué tal", il s’est fait un copain, il est en pleine forme. Une véritable métamorphose dans la joie. J’ai
croisé aussi le cavalier Brésilien, ils ont fière allure, une image.
Traversée
de Foncebaden, ruines sur chemin de pierre. Le pèlerin avait, en ce
village abandonné, rencontré une vieille femme et son fils. Sur ses
annotations, la petite mère a glissé "Sont t-ils encore là ?" comme
prendre des nouvelles de vieux amis.
Je
n’ai vu ni de fils, ni de mère en ce lieu, je n'ai vu que des pierres.
Ici, je suis venue te dire : "Il est temps, maintenant, de faire un
signe, de me tendre la main ou de m’abandonner à tout jamais".
Je
passe la nuit à El Acebo où je retrouve Leïla, Patricia que j’ai
rencontrée à Astorga, une israélienne, les trois allemands sympas, pépé a
montré sa lune, il est tout gêné.
Dans le dortoir des paravents offrent un peu d’intimité, je m’endors sans problème.

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