Le bleu du ciel est si intense, vacuité qui te transperce de part en part. Il ne reste plus rien de toi.
Dans la matinée, j’ai gravi O Ceibrero. J'ai fait une pose au café près de l’église, une drôle de rencontre avec un homme, mal aimable, hostile, et qui pour finir me manifeste une grande sympathie.
Nous étions installées à Hospital da Condesa, et brusquement je décide de repartir, adieu Leïla !
Un sentiment de liberté profond et paisible à peine quitté le refuge, où venait d’arriver Dandy.
Il
doit être aux alentours de 20h, j’ai fait ce que j’avais à faire à
Tracastela. Les conditions d’accueil sont des plus précaires, douche
froide, tentes militaires et le sol. Peu importe, Santiago est si
proche, j’y serai avant la nouvelle lune, en cet état de solitude
retrouvé où le silence accompagne. Il sera peut être possible d’être à
la nouvelle lune, au cap Finistère, et de là retourner vers le Grand Est
dans l'élan d'un nouveau cycle.
Je
viens de croiser le Hollandais si gentil, qui m’avait demandé si avec
le nouveau bâton ça allait. Comme moi, il semble avoir attrapé une
fièvre, celle d’aller au plus vite, au plus loin, sans plus ne se
soucier de rien d’autre.
Je n’ai pas envie de dormir, je suis
installée sur le chemin des toilettes, cela crée une certaine confusion,
ils défilent avec leur P-cu à la main, l’air de rien.
Je choisis une tente tout au fond du terrain, où il n’y a personne. Ces tentes sont immenses, rondes comme des tipis.
A
peine suis-je couchée que j’entends quelqu’un entrer dans l’obscurité.
La personne, un homme je crois, s’approche du sac posé à ma tête. Tout
se passe si vite je m’assois et tout simplement sans peur : "Holà".
L’ombre furtive décampe sans un bruit. Je me recouche et m’endort
paisiblement, comme si rien ne pouvait arriver.

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