Ce qui s’annonçait hier est là ce matin, le temps est gris.
Le
camping, à quelques kilomètres du cap Finisterre, est au bord de la
mer. J'y ai planté ma tente hier, j'ai été à la plage, me suis brûlée les pieds sur le sable chaud. C'est un grand camping, maintenant ils
sont nombreux à remballer.
Je
suis là, les regardant, les bras ballants, tout est moche dans ce
camping et pourtant que la terre est belle ! Je ne peux pas croire que
cela soit le résultat de circonstances hasardeuses. Je vois là, une
force mystérieuse, une main ouverte, dans un total lâcher prise, que là
où il y a beauté, la cristallisation de la matière est délicate,
transparente et claire comme ce ciel qui s’ouvre sur l’espace.
Harmonie !
Et
là, d’une manière tout à fait inattendue, dans ce petit trou de nature,
alors que le soleil se manifeste derrière l’épaisseur des nuages,
quelque chose de palpable.
Il
revient au moment où je me perds en des "partons", en des "restons". Déjà, empêtrée dans les conséquences d’hier : le beurre, la confiture,
le vin. Tout cela intransportable !
En es-tu certaine ?
Le vin dans la gourde
Le beurre dans la gamelle
La confiture aussi
Et me voilà, repartie.
J’ai retrouvé dès que je me suis dirigée vers le Grand-Est le ciel vacuité.
Nuit en camping sauvage, entre Corcubion et Noïa.

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