vendredi 13 janvier 2017

Trait dans un ciel d'azur

Mettre la charrue avant les bœufs, cela se fait dans l'ignorance de ce qui se passe en l'autre, de là où il en est, de son chemin qui n'est pas que de cette vie, les apparences sont si trompeuses !
Ainsi, elle n'avait pas besoin de lui, sa vie elle l'avait assumée seule, seule avec les enfants, seule avec l'homme déserteur, mort au bout de cet abandon, seule avec la mort pour compagne, seule elle avait marcher dans le froid, dans la pluie, dans la souffrance de la brûlure, seule elle avait atteint le bout du bout en un rendez-vous de l'au-delà. 
Alors vraiment le besoin de lui, n'était pas de ce niveau, et c'est bien parce que lui ne cessait de se dérober, de disparaître, de s'isoler dans son antre, c'était bien en réponse qu'elle se manifestait, que se faisait l'attente, le vent gémissant autour de la tour carrée, être là, qu'il le sache, trouver la juste distance qui n'étouffe pas, mais aussi n'abandonne pas. Voilà ce qu'elle faisait qui n'est pas « avoir besoin de. » au sens le plus réducteur de l'expression. 
 
Sa joie lorsqu'il était là, peu importe l'endroit, dans la cour, sous le chêne, au bord de la rivière, sa joie, elle, n'avait aucune limite, intact et neuve à chaque fois. Elle est de tous les temps en même temps.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de vos commentaires