mardi 24 juin 2025

Chemin de Compostelle - Le 30 Avril 1999


Un pays de fermes isolées, à Gain un fermier attendait au bord de la route. Elle lui demande pour les commerces. Il n’y en a aucun avant Longeron, mais le boulanger va passer. Alors elle attend avec lui.
Celui là, lui demande où elle va ainsi avec son sac, puis il lui montre un âne dans le pré : « Je vous le donne si vous voulez, pour le voyage ». Elle rit, dit que non. Elle achète à la camionnette le pain, un fromage et un saucisson.
Une voiture est arrivée alors que le boulanger repartait, ils sont deux maintenant à la presser de questions, veulent qu’elle passe à la maison. Il est temps de partir !
A Longeron, l’épicerie se trouve dans un hangar, difficile à trouver. Elle a pris un bout de la N 7, les corbeaux sont si nombreux à nicher les arbres au bord de cette route bruyante, qu’elle finit par recevoir quelques chiures.
 
Nuit au Taloux, dans un pré où le propriétaire l’autorise à monter la tente. Il apporte le seau d’eau qu’elle lui a demandé. Sa femme est passée, le petit garçon bavard, bavard, les chiens ont beaucoup braillé. 

 


 

2 commentaires:

  1. Avec un âne ? certains en on fait commerce :
    https://chemindecompostelle.com/randonner-ane-compostelle/les-anes-de-monedies-12-conques-gr-65/

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    1. Un témoignage : Récit d'un pèlerin de Compostelle avec son âne
      https://lescheminsverscompostelle.fr/recits/recit-d_un-pelerin-compostelle

      Un peu avant la fontaine de Roland, sur la route de Roncevaux, voici le texte inscrit sur la stèle posée pour l'année Compostelane 1999

      Roncevaux et l'Histoire...
      ... Le temps est bien maussade ce matin, aux portes de St jean-Pied- de Port et Jerôme marche.
      Dans la montée vers Hontto, le petit crachin se mêle sur son visage aux perles de sueur.
      Il disparaît bientôt nappé dans le brouillard, tel un passe muraille : dans ce tunnel blanchâtre, hors son bâton, ses chaussures et un bout d'asphalte, rien ne peut le distraire.
      Le silence extérieur rend ses pensées presque bruyantes. D'ailleurs qu'importe le soleil ou la pluie, le silence ou le bruit, le jour ou la nuit. La route est encore longue qui mène à Saint Jacques en Galice.
      Il est bientôt 9h, ce 25 juillet, et Jérôme marche toujours.
      Une croix de pierre. Il quitte la route dure, noire, et s'engage sur l'herbe rase qui tapisse la trace de l'antique chemin. Insensiblement, le brouillard devient brume. Il se dissipe sagement, en caressant les rochers de Leizar Atheka. Il les enveloppe et transforme leurs contours en derviches fantômes : Jerôme le pèlerin, devine par instants fugaces le disque pâle du soleil : au beau milieu du chemin, fatigué, il pose son sac, s'assoit et se cale contre lui. Ses yeux se ferment lentement sur l'armée des petits hêtres embusquée en face, à dix pas.
      En face, à dix pas, Valerius Cornivus, le vieux centurion de la Legio III Flavia, sourit : il retourne par ces monts en Aquitaine : lui reviennent en mémoire les combats et sa blessure en Cantabrie. Le regard du consul Octavius Augustus, et ce sourire de la belle Ibère sur le pont de Deobriga.
      Tout près du ravin, Bernard-Antoine Carrère grimace : là, ce 25 juillet 1813, un furieux coup de sabre anglais lui enlève la moitié de l'avant-bras : tant de campagnes glorieuses avec son 50ème de ligne sans une égratignure, tant de batailles victorieuses, d'Ulm à Salamanque, pour vieillir - demi solde et presque manchot.
      Et là, à dix pas, l'émir Abb-al-Rahman al-Gateki prie et remercie Allah : entre ces deux rochers et bien au-delà, l'herbe a disparu sous les sabots des innombrables montures de son invincible armée : et bien loin, vers Poitiers, Charles dit Martel, duc d'Austrasie, prie et implore l'aide de Dieu.
      Un peu en contrebas, Arzain Zahar médite. L'Orhy pour horizon ; sa seule fortune, c'est ce petit troupeau qu'il accompagne de croupes en vallons : sa vie et sa mort sont ici : et au centre du cercle de pierres, là-bas, gisent les charbons du bûcher : le bûcher qui consumait, il y a de longues lunes la dépouille de son père.
      Un cheval hennit. Jerôme esquisse un léger sursaut : une vague impression de gorge sèche, il somnole.
      Non loin du passage étroit, Aymeri Picaud boit. Sa calebasse est presque vide, son estomac aussi : le baluchon se fait lourd et les lieues longues vers Compostelle : où est donc ce fameux prieuré de Roncevaux et son pain frais, sa soupe odorante, son vin rubis, et sa paille souple ?
      A dix pas aussi, Charles Dinigo se cache : La Gestapo à ses trousses, vingt ans et l'envie de se battre : aux tortures du tort du Hâ, mieux vaut l'arrestation par Carlos Sanchez, le garde civil franquiste qui surveille, de sa cahute, la frontière à Bentarte : ... le camp de Mirandas, Gibraltar et qui sait ? peut-être à Londres.
      ...
      Année sainte compostellane 1999

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