Ils sont rares, ceux
qui savent l'art de rêver
Non comme une fuite,
mais bien un fil
Sur lequel funambules
danser !
Ils sont rares ceux
qui ne cherchent pas à tirer
A hue, à dia, à eux,
le beau
Et plafff, cela
devient laid .
Ils sont rares les
danseurs, les joueurs de pipeaux
Dans la nuit qui
s'effiloche je les vois, et je suis là-bas
Avec eux, cette
danseuse avec la robe rouge.
Noirs les bas, rouge
la robe légère et courte
Un corps pour la
comédie, tout est comédie
Alors jouons !
Les amis !
Je ne
reconnais pas ce monde
En
tellement de violences !
Un rêve
…
L'homme
n’élève plus les animaux pour s'en nourrir
Peu à
peu les races domestiqués disparaissent
Les
adultes ne peuvent plus se reproduire
Ce n'est
pas un interdit
C'est
juste incompatible avec l'homme Nouveau.
Alors les
guerres, les exploitations de toutes sortes
Les très
riches et les enfants qui meurent de faim
Les
maladies résultants de nos dysfonctionnements
Individuels
et collectifs disparaissent, pour cause
Coexistent
des modes de vie différents
Des
grégaires et des itinérants.
La terre
ne se divise plus en propriétés privées
Respect !
Du choix d’autrui dans toutes les directions
C'est
facile, chacun mu par ce qui doit être fait
Et c'est
son bonheur, sa paix, sa joie.
Libres de nos choix
C’est bien "être"
sans choix
Faire ce qu’il y a à
faire
Voilà tout.
Un jour, j’ai fait
un rêve
Je venais de
rencontrer
Le père de mes
enfants
Nous-mêmes deux
enfants
Perdus dans la ville.
Étreinte dans un jour
sans nuit
Dans une nuit sans
jour
Je tentais de
m’envoler
L’emporter avec moi
Sur la place il y
avait foule
Devant la gare.
Je volais si souvent
Aspirée par une autre
dimension
En tellement de
liberté
J'ai essayé, essayé.
Essayer encore de
toutes mes forces
Question de naissance
ou de mort
Aucun de mes efforts
Ne fut récompensé.
En nous, cela sait
Ce destin
Ce n’est pas triste
C’est écrit
Le rêve
s’accomplit.
Le soir venu, c'est en
toi que je m'endors
Nos respirations côte
à côte
S'écoutent un instant
S'unissent dans cette
attention
Ne font plus qu'une
Jusqu'à n'être plus
qu'un fil ténu
Qui s'étire,
s'étire...
Au matin...
Il vient de loin
Frais, jeune, vif
Il vient des
profondeurs
C'est un point dans
l'obscurité
Qui grandit, rayonne
toujours plus
Pousse les parois
jusqu'à ce qu'elles ne soient plus
Dans ce mouvement
d'expansion les oiseaux s'éveillent
Doucement
je me glisse hors de toi.
Je rêvais d’un
langage qui n’enfermerait pas en des idées
Thèse, antithèse,
synthèse
Trilogie mise à plat
En finir avec les
discussions sans fin.
Je rêvais de pensées
qui ne tourneraient pas en rond
Qui n’useraient de
la répétition que pour enfoncer le clou.
J’ai entendu un
claquement de langue
Et dans le
jaillissement des embruns de la bouche
Le sens qui ne peut
être décrit.
Dans les conditions du
mental rétréci par la peur
L’art de rêver est sacrifié
Ne
reste que les rêves de compensation
Qui dans le sommeil
viennent réparer
Autant que cela se peut le tissu des
cerveaux atrophiés
Cela vous fait tout aussi bien des
cauchemars.
Parfois, et c’est
encore assez rare, l’imagination tente l’échappée belle
Mais
ce n’est qu’un pis aller, une soupape de sécurité
On part en
vacances et puis il faut rentrer, retrouver tout comme on l’a
laissé !
La puissance créatrice de l’art de rêver ce n’est pas cela.
Quichottine : Nous essayons de gommer ce qui nous blesse ou nous effraie, mais le réel rattrape toujours les rêveurs, quels qu'ils soient.
Miche : L'art de rêver n'essaye pas de gommer ce qui nous blesse ou nous effraie, c'est toute la différence !