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mercredi 15 juillet 2026

A ces enfants...

Pensées vers tous ces enfants du monde ... Merci à vous... 

Nous étions dans la cour de récréation, école maternelle d'une petite ville de province, comme on dit.
Éducatrice à la Maison de l’Enfance, j’allais chercher les plus jeunes. Cette année là, ils étaient au moins cinq et les premiers sortis devaient attendre les retardataires. Parfois tout se passait dans le calme et c’était doux d’être là avec eux et puis…
Oui, cette fois là, l’un des garçons cherchait la bagarre, il invectivait ses camarades, donnait des coups de pieds.
J’intervins : « Ce serait tellement plus simple, si tu étais gentil… »
Son regard noir me traversa : « Je ne veux pas être gentil, je veux être méchant ! ». Il pleurait, tout son petit corps tremblait, plus que de la colère, de la désespérance. C’était si fort et tellement inattendu ce qui l’animait là...
J’y entends tant de choses impossibles à mettre en mots, l’appel de cette énergie en nous qui trouve si difficilement son chemin pour toutes les bonnes paroles, à coups de : « II faut que… »

"L’enfer est pavé de bonnes intentions".
Cet enfant, avec ses mots à lui, ceux qui fusent sans détour, pointait le discours appris et répété pour conditionner à ne pas écouter en soi. Ce discours moraliste est d’une violence absolue, et ce petit garçon me servit un « Non » si puissant qu'il résonne encore aujourd’hui.

La parole se meurt et tue, là, où elle ne brûle pas ce qui est du conditionnement au mensonge en nous, trahison contre notre propre
unité qui nous fait relié au monde.
 
 
 
 
 
  Petros Kotzabasis. 

 

vendredi 20 mars 2026

Pigeon et pigeon...

 

Il y avait l'histoire de ce pigeon  qui tournoyait  dans le courant du bassin... L'homme était jeune, il passait-là, un instant c'était assis, il remarqua ce pigeon qui flottait à la surface de l'eau du bassin.
Était-il mort ? Sûrement qu'il l'était, il voulait s'en persuader. Mais il dut se rendre à l'évidence, le pigeon le regardait, le pigeon n'était pas mort... 
L'animal le suppliait... "Aide-moi, aide-moi... ".

Quelle bataille en cet homme, et puis il se décida. Il y avait du monde autour de lui, mais un cercle de protection s'étendit, il ne voyait plus personne et plus personne ne le voyait.
Il prit un sac en plastique dans la poubelle tout près, se saisit du pigeon qui ne cessait de le regarder avec son œil rond. Et lui parlant, lui demandant pardon, il fit le geste qui libéra l'oiseau. Il le baptisa dans cette seconde naissance : « Nuque- raide ». 
 
Plus tard, lorsque la mère partit sur le chemin de Compostelle, qu'elle marcha durant des semaines jusqu'au bout du bout, il lui confia, le pigeon, le chat et le père. "Emmènes-les avec toi, quand tu seras arrivée, après Saint-Jacques, le Cap, le bout du monde, avant de descendre vers Pardon le long de la côte Portugaise, au Finistère te dis-je, tu ouvriras grand les bras, ils s'envoleront, libres. » 
 
 
 
 

 
 

mardi 13 septembre 2022

L'homme à l'accordéon

 

Elles étaient attablées pour leur premier repas
Silencieuses et sages, lorsqu’il est arrivé
L’homme à l’accordéon, il jouait une chanson.
 
L’une d’elle s’est levée sans un mot
Elle a pris une chaise adossée au mur
Entre elle et son amie
Elle a placé le siège.
 
Un signe, un seul, pour lui dire :
« Viens t’asseoir, veux-tu ? »

 



dimanche 13 février 2022

dimanche 16 janvier 2022

Un pont quelque part ...

 

Sur le pont !
Matelots, capitaine
Sur le pont, tous bien occupés !





Le Pont" de Frantz Kafka lu par André Dussolier

vendredi 28 février 2020

Avenue De La Grande Armée


Je l'avais croisé sur l'avenue De La Grande Armée
Il m'avait parlé, en quelque sorte draguée
Et puis...

Il a dit : tu avais l'air d'appeler au secours
L'air si triste et si paumée.

Moi je me souvenais de l'avoir toisé de haut
Avec beaucoup de mépris pour ces manières de faire
Un vieux beau, si affable, un prédateur assurément
« Soit, parle-moi ! Montre-moi ce que tu vaux
Ce que tu veux ! »

Pas de surprise
Ils veulent tous la même chose...


dimanche 9 septembre 2018

Des rencontres et des rencontres...

La rencontre ne fait pas la relation
La rencontre est toujours ponctuelle
Dans les deux sens du terme.

La relation cherche à faire perdurer
Ce qui commence et finit.
 
Par nécessité ?
Non, de fait ! 



Mandala

samedi 7 juillet 2018

Je t'aime quand tu es comme ça...

Les chiens se sont arrêtés, elles s’approchent, la plus menue des deux me sourit : « Tu les sors tous les jours tes chiens, même quand il pleut. » Ce n’est pas une question, elle sait, elle me voit tous les soirs, même si je ne la vois pas. Et puis sûrement qu’on en parle dans le village, la dame aux trois chiens noirs. Ici on ne promène pas les quatre pattes, au fond de la cour, attachés, enfermés le plus souvent, juste bon à gueuler pour prévenir des voleurs de poules. 
« Tu les aimes tes chiens ! » Sa voix est douce, il émane d’elle quelque chose d’une grande beauté, elle sait ce qu’est aimé !
Elle sait que c’est prendre soin, être attentionné, disponible… Ah petite fille, la plus belle chose de cette journée en toi, par toi, et là me reviennent tous ces enfants rencontrés en des moments aussi magiques.

Ces deux fillettes, enfants du cimetière de Manille, rencontrées dans la grande Maison d’ATD Quart monde. J’étais affectée aux cuisines, et n’avais pas eu le bonheur de partager avec tous ces marmailles venus du monde entier. Et là le jour du départ, elles se sont approchées de moi, je me suis penchée pour les embrasser, l’une a pris mon visage entre ses mains, et a murmuré, je ne sais plus quoi, elle me consolait, me caressait. Tout mon être a tressailli de cette rencontre, comme si un ange était descendu sur terre, j’ai pleuré.
Les garçons aussi, du Pérou, qui revenant de Genève, m’avait offert au milieu de l’assemblée une flûte de pan, fabriquée de leurs mains.

Plus loin encore, ce petit Michel, il était si tendre. Je le vois encore assis sur une chaise devant la porte du foyer, à l’heure où les éduc de l’après midi arrivaient. Il te disait : « Bonjour, tu vas bien ? » d’une manière ! Terre et ciel étaient là dans cette salutation. Et ce jour où nous nous étions perdus lors d'une promenade dans la forêt, il était fatigué, il nous fallait nous dépêcher il allait faire nuit, alors je l'ai porté sur mes épaules. Il était si petit, si léger ! Et lui me tapotant le dessus de la tête : « Ça va, ça va ? ». Cet enfant plein de gratitude, prenait soin. Le temps qu’il a été accueilli dans cet établissement, l’amour régnait, même les plus durs s’étaient apaisés.

Plus loin encore, ce petit garçon, le mien, un matin pas comme les autres, sans que l’on puisse dire pourquoi, que tout était beau et rayonnant, qui m’avait dit : « Je t’aime quand tu es comme ça. »




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