mardi 10 février 2026
Prendre soin...
mercredi 18 juin 2025
Préambule - Le chemin de Compostelle
La ville est là, St Jacques de Compostelle.
Elle ère dans les rues, la fatigue est grande, il serait bon d’atteindre enfin le but. Mais quel est-il ce but ?
Elle se perd dans cette ville où les marques ont disparues. Comment se peut-il qu’après avoir autant marché, il n’y en ait pas un pour l’accueillir ?
Elle ne peut pas demander son chemin, il y a plusieurs jours déjà qu’elle n’a plus parlé, comme si elle ne savait plus, comme si elle était revenue à cette enfant têtue qui ne voulait pas dire bonjour. Son entêtement est sa fatigue, sa fatigue son entêtement. Une ruelle, encore une, et soudain devant elle la basilique. Il lui faut tourner plusieurs fois autour de l'édifice avant de trouver la porte, celle qu’on ouvre si rarement et qui fait un jubilé. Une longue file s’enroule sous un soleil de plomb, elle prend sa place, la dernière qui bientôt ne l’est plus. Avec son sac sur le dos elle attend, ultime effort, comme si celui-ci devait être le dernier, qu’après viendrait… Elle sait que rien ne viendra, pas encore…
Les badauds se disputent, la police doit intervenir. Ils parlent forts, et même en entrant dans ce qui est supposé un lieu saint, ils piaillent encore, les voilà qui s’éternisent en des embrassades à n’en plus finir sur l’objet St Jacques. Alors elle quitte cet endroit bruyant, se remet en marche, trouver le refuge, elle dormira au sol. Elle ira jusqu’au cap, et même jusqu’à Pardon, c’est là paraît-il qu’il débarqua le fils du tonnerre, puis elle reviendra à Compostelle et cette fois-ci posera son front fatigué sur la tête de granit avant de s’en retourner.
Elle est partie il y a presque trois mois, ce n’est pas qu’elle ait traîné, mais…
jeudi 3 avril 2025
En tête, tu allais...
Dans la marmite ?
Nos rancœurs, nos regrets, notre arrogance
Notre quête de
perfection, ce qui juge, ce qui dit que…
Et quand tout ça est
tellement concentré, cristallisé, bloqué
Une explosion, et
alors l’amour qui se déverse à flots
La parole est amour.
Mais il faut pouvoir
porter ce regard clair, haut et fort
En toutes
circonstances, sans trembler, sans défaillir
La compassion,
tellement grande et envahissante
Et la confiance, et
l’abandon de toutes comparaisons.
Sais-tu ce que je vois
là ?
La magie opère
toujours
Parfois elle ne
produit pas ce que nous attendons
Et pourtant qui nous
est utile.
Cette nuit, j’ai eu
une vision, très belle, de lumière, de joie
Tu étais là, et
plein de gens avec toi
Ton rire clair comme
cristal de roche
J’étais là aussi…
Hé, l’ami,
qu’est-ce qu’on sait de ce temps ?
Où l’on ne baisse
plus la tête
Qui dit ça ? Qui
dit la tête levée, et la tête baissée ?
Rire, est-ce que
je t’ai dit que c’était toi dans ta peau de pensée ?
Toi, et un
groupe de personnes, une vingtaine peut être
Surtout des femmes et
des enfants, quelques hommes seulement
Il y avait quelque
chose de difficile à vivre, quelque chose de douloureux
Mais qui n’offrait
pas de choix.
Quelque chose qui te
concernait, et tous le savaient
Mais tous pourtant
étaient joyeux, détendus, paisibles
Je ne faisais pas
partie de ce groupe de proches
Mais, je m’accordais
à ce mouvement, sans qu’il soit mien, témoin.
On me parlait sans
animosité, de la juste façon, celle qui remplit d’aise
Vue telle que je suis, et tous étaient beaux
Je faisais des choses
différentes, et cela ne gênait personne
Je n’étais pas du
tout ton pôle d’intérêt
D’ailleurs tu allais
en tête, et moi en queue de ce cortège
Qui fut ainsi formé
pour aller où tu devais aller, toi
Tous t’accompagnaient,
tous dans la joie paisible et toi aussi.


