Dans cette intensité
Alors la brèche, l'ouverture
Il y a eu l'histoire
du père noël
Oh, ce ne fut pas la
première fois
Mais cela occupa un
moment
A triturer l'affaire
Que franchement
comment celui-là
Pouvait passer par la
cheminée ?
Alors que dans la
maison, ce n'était que conduits
Débouchant
directement dans les poêles
Qui chauffaient les
différentes pièces.
Il aurait été
préférable de n'avoir pour souvenir
Que celui de la mère,
avant notre lever à réactiver le feu
Enfin bon, il fallut
bien se rendre à l'évidence
Cela mentait !
Et l'horreur du
mensonge quel qu'en soit le prétexte
Détestation complète.
Oui, ce n'était pas
la première fois...
Avant l'enfant qui ne
voulait pas donner la main
Qui voulait marcher
toute seule
Qu'elle n'avait eu de
cesse de vite, vite
Se mettre en marche
A 10 mois les premiers
pas
A 2 ans partir seule
dans la ville
Pour une information
mal comprise
Mais va savoir !
Donc, ils allaient
père et mère et l'enfant
Premier née, dans le
jardin des Évêchés
Derrière la
cathédrale
Et rien n'y faisait,
elle ne voulait pas donner la main
Alors, ils se
cachaient derrière un arbre
Et l'enfant se
retournant ne les voyait plus
Effroi !
Combien de mensonges,
combien d'abandons !
Mais rien n'a pu la
faire renoncer
Absolument rien.
Elle était venue pour
marcher
Marcher dans ce dédale
Comme dans le
labyrinthe de la cathédrale
Marcher dans la
chaleur, dans la fraîcheur
Jusqu'à sentir la
caresse du soleil
Sur le pubis de la
terre
Ô joie !
Ô terre promise
Te voilà !
Mémoire du silence
sauf que la fourmi va
au-delà de l'intention ... elle porte.
Miche
Elle incarne
l'intention, oui.
Eva
Mais de quoi
parlez-vous, entre mes doigts, sous mes pieds j'écrase la fourmi
sans même m'en rendre compte !
Miche
Et avec nos produits
chimiques nous tentons de les éradiquer !
L'intention sert
le vivant, la fourmi morte y participe tout autant.
Suis passée, chez le
boulanger, les viennoiseries et le pain sous le bras, les laisses des
chiens dans l’autre, je cueille les brèdes pour le repas du midi.
Ce trajet, nous fait
passer par le chemin des mésanges. Curieux nom, en souvenir du pays
natal des petits blancs qui peuplèrent les hauts, il n’y a pas de
mésange sur cette île. Souvent, nous y croisons une petite chienne,
elle nous attend, fait la fête aux noirauds, et me tend son échine.
Vive comme l’éclair, si douce…
Sa maîtresse est là,
qui taille la haie de son terrain non clôturé. Je la salue, son
regard se pose sur les chiens : « Le petit chien est
mort ».
Je crois qu’elle me
parle de Moustique, un cancer l’a emporté, il y a quelques mois
maintenant.
« Ah, le petit
chien aussi est mort. Je l’ai retrouvée, pas loin, au carrefour,
il y avait du sang partout, et pas de trou. Elle aura mangé du
poison pour les rats, et fait une hémorragie »
Nous parlons, un
moment, de ce petit chien, si gentil… dans les fourrés, un
frôlement, c’est un chat qui se faufile entre les broussailles, je
lui fais remarquer cette présence.
« Oui, celui-là,
est venu deux jours avant qu’elle parte. D’habitude, elle
chassait les chats dans la cour, celui-là elle l’a laissé entrer,
comme si elle savait qu’elle allait partir. »
Tous ces gens !
tellement normal
Oui on dira normaux
Dans un monde totalement
anormal !
N'y-a-t-il pas quelque chose d'amoral dans cela ?