Parce que
finalement ce que l'on attend
Du malade
concerné par une maladie "mortelle"
C'est
qu'il se dépossède de lui-même
Qu'il
s'en remette totalement
Au corps
médical, et à ses représentants.
Parce que
finalement ce que l'on attend
Du malade
concerné par une maladie "mortelle"
C'est
qu'il se dépossède de lui-même
Qu'il
s'en remette totalement
Au corps
médical, et à ses représentants.
Hier, j'ai rencontré
le docteur H
Dans la salle
d'attente j'ai repensé
A ce jour où nous
étions toutes les deux …
Comme une lionne qui
protège ses petits
Tu avais claqué la
gueule au doc Mar...
« Je ne
laisserai pas celui-là t'opérer ! »
Tu t'étais dressée
face à lui
« Docteur,
laissez moi vous dire, vous n'êtes pas humain ! »
Et ainsi nous avions
été dirigées à la clinique du Port.
L'oncologue de Saint
Benoît avait dit : je lui confirais ma vie
Nous attendions....
Oui, j'ai repensé à
ce jour
Et vois-tu tu étais
là...
Imagine, je te lisais
en ce livre que tu as écris
"Rainbow
Académia".
Imagine...
Le
docteur H... ?
Égal
à lui-même, il m'en veut toujours
D'avoir
refusé l'opération, la totale
Poche
pipi, poche caca
Il
se venge de mille petites façons ridicules
Il
semblait ne pas savoir que je suis en rémission
« C'est
un miracle » lui ai-je dit mi-interrogative, exclamative.
-
Non ! Ça peut aussi fonctionner, mais l'opération est
préférable !
Le
voilà qui perd une occasion de se poser les bonnes questions
Toi
tu es là, près de moi, silencieuse et souriante.
Oui, inflammation et chimio ne font pas bon ménage !
L'esprit,
comme en ma grand mère
La
dernière nuit de sa vie, je l'ai vu
Dans
ce semblant de l'inconscience de l'agonie
Son
esprit était là, vif, ne manquant rien
De
ce qui se passait dans la chambre...
L'esprit,
invisible, va et vient
Prenant
toutes les informations
Aussi
celles qui échappent aux penseurs
Prenant
toutes les informations
Ne
laissant venir au détricotage de la raison
Que
certaines d'entre elles...
Ainsi
pour cette opération de l'hernie abdominale
Docteurs
H, et M ont lancé des signaux annonçant
Que
cela serait un mauvais moment à passer
Que
cela n'était pas indispensable au regard du cancer
C'est
vrai, si j'avais su, je ne l'aurai pas demandée
Mais
voilà, ma raison est restée dans l'ignorance
Et
ainsi la fleur au fusil, je suis partie.
Dans
la salle d'opération, sous le masque
Profondes
respirations, tout commence
L'équipe
au grand complet
« Personne
fragile » ils se sont passé le mot
Comme un passage de relais, au coeur de l'équipe.
Depuis
que la petite chirurgienne a recousu
Mon
nombril, et posé un voile de mariée
Sur
la ligne blanche
Je
fais des crottes comme
Je
ne me souviens pas d'en avoir fait
Grosses
et moulées, un chef d’œuvre.
L'enfant,
la mère ...
J'avais
mal au ventre, je lui disais
« Où ?
Où as-tu mal au ventre? »
Demandait
la mère d'un ton inquisiteur
L'enfant
montrait son nombril
La
mère hurlait.
Je
n'ai jamais compris pourquoi ma réponse
Occasionnait
autant de fureur
A
chaque fois c'était pareil, jusqu'au jour
Où
je n'ai plus dit que j'avais mal au ventre.
La
petite chirurgienne, aux doigts de fée
Au
sourire si doux
Je
ne sais plus à quel moment
Mais...
Nos
mains se sont rencontrées
Jointes
en une embrassée.
Après
mon refus de l’opération dictée
Par le
consensus médical
Retirer
la vessie, mais aussi l'utérus, les ovaires
"Que ça
ne sert plus à rien à votre âge !"
Après la
batterie de combat, chimios, rayons
Scanner
de contrôle.
Je lis le
compte rendu, la conclusion
Disparition
de la grosse tumeur infiltrée.
Il
tourne, tourne, en de grands cercles
Je lui ai
pourtant posé la question
« Que
pensez-vous de ce dernier scanner ? »
Ce n'est
qu'à la fin de la consultation
« Vous
êtes en rémission »
Je le
savais bien sûr, aussi surprenant que cela soit
Mais
aussi en proie à toutes ces douleurs articulaires
«Voilà ma
porte de sortie qui se ferme...»
Non,
c'est un répit, à mettre à profit
Ce qu'il
y a à finir.
Près du jasmin,
celui-là même qui souffrait de cette maladie
Envahi de fourmis
Ses feuilles se
recroquevillaient
Et finissaient par
dessécher avant la floraison
Il avait triste mine.
Près de ce jasmin, un
couple de moineaux
S’est installé dans
la sous-pente du toit
Ils sont un peu
bruyants ces nouveaux voisins
Piaillent après les
chiens et le chat
Pénètrent parfois la
maison, laissent des chiures un peu partout
Mais Jasmin se porte
si bien !
Se lever
avec la fatigue
Ne pas
regretter ces réveils dynamiques
C'est du
passé.
La
fatigue comme compagne
Accompagne
chaque pas
Soit !
Marchons vieille amie.
Petite
cousine...
Cancer
généralisé
Ils ont
fini par te mettre en comas artificiel
Tu
souffrais trop, ils ont dit cela
Euthanasie
que ne dit pas son nom.
30 ans,
un fils de 10 ans, plus de compagnon
Bien sûr
tu as lutté, je comprends
Nos
enfants nous ne voulons pas les abandonner
Tant
qu'ils ont besoin de nous.
Tu as
lutté, acceptant tous les traitements
Armes de
guerre, et ta guerre était perdu d'avance
Juste les
souffrances
Tu es
partie, que ton âme soit en paix.
Plus
rien ne protège
Dans
cette condition
De
la longue maladie
Avec
ces traitements agressifs
Comme
les défenses immunitaires
Ne
cessent de baisser
Toutes
les défenses foutent le camp
Alors toutes les attaques de plein fouet.
Être
ainsi à la merci
Des
incohérences des uns et des autres
Alors
qu'on n'a la maîtrise de rien
C'est
expérience ultime.
Il
n'y a pas de contentieux
La
vague submerge
Et
prend fin sur une plage
Vierge.
« Si, si » le pays des parapluies ouvertsOuverts avant la pluie, au cas oùIncertitudes face à des certitudesOrdre et contre-ordreLe conflit absolu, sans fin, s'auto-générant.
Sûr, j'ai du sang tzigane dans les veines, et pourtantPour les tziganes je suis une gadjé, comme ici je suis une z'oreilleQuelle tristesse que cette humanité qui ne sait pas se reconnaîtreUNE dans sa diversité.Elle est si belle cette diversité !De couleurs, de parfums, de chantsEt la voici rendu laide !
Cataracte et je voyaisDe gros oiseaux plongerDe l'étage au-dessusPasser devant la fenêtre closeMais non !Ils jettent des grabatsDans une benne en dessousComme ils étaient beaux ces oiseauxGrands, si grands, mystérieuxAvant que d'entendre le bruit sourd.Restent les papillons, jaunesSur les grappes rougesIls mangent en dansantIls dansent en mangeantBallet si léger.