Claudia,
Troyes, Yoga
Son
appartement, au troisième étage.
Elle
m'a écrit quelque fois
Me
racontant les arbres de l'avenue
Ces
arbres qui lui parlent des saisons
Mon amie,
à sa fenêtre, son chat sur les genoux.
Claudia,
Troyes, Yoga
Son
appartement, au troisième étage.
Elle
m'a écrit quelque fois
Me
racontant les arbres de l'avenue
Ces
arbres qui lui parlent des saisons
Mon amie,
à sa fenêtre, son chat sur les genoux.
Parce
qu'elle est arrivée dans la cour
Venant
de "je ne sais où"
Nous
rentrions de la ballade avec les autres chats
Elle
s'est précipitée, me parlant haut et fort
Sur
mes talons de suite, alors que les autres chattes
Se
sont tirées vers le piton, elles n'aiment pas les nouveaux venus
Sur
les talons, j'ai donné à manger
Et
puis, est venu le moment d'aller se coucher.
Aucun
chat n'est autorisé à dormir dans ma chambre
Je
n'ai pas fait d'exception pour celle-là, enfin pas ce soir-là
Dans
la nuit, un ramdam dans la cuisine
Me
suis précipitée, craignant que les autres chats...
Dans
la cuisine dont la porte reste ouverte, sauf quand il fait plus froid
Dans
la cuisine, dans le coin, un chien !
Un
chien tout moche, tout abîmé par une mauvaise vie
Une
cicatrice au cou, il aura subi l'attache
C'est
souvent le cas ici
Donc
il est là dans l'encoignure, il peut se sauver par où il est venu
S'il
le veut, mais il ne le veut pas, il grogne.
« Hé,
oh pépère, je ne te ferai aucun mal, tu peux partir ou rester
C'est
comme tu veux »
Je
lui ai donné à manger, la petite chatte sur les talons
Il
a mangé le chien pelé, et le temps de me retourner
Il
n'était plus là...
Traversant
la maison, je le vois dans la chambre, celle qui n'a pas de fenêtre
Couché
près du matelas au sol, pas dessus, tout contre
« Oh,
dors, dors, nous verrons bien demain ! »
Et
dans ma tête ça faisait que demain je le garderais même si le
proprio
Ne
veut pas de chien dans la maison !
Le
lendemain plus de chien... ni dans la maison, ni dans la cour, ni
dans le village
Boubounette
elle est restée...
Mon
petit cadeau du ciel
Si
gentille, si espiègle, si vive
Toujours
sur mes talons
Je
les aime tous ces chats qui vivent ici
Mais
celle-là...
Soyons
clair, la question de la répartition du travail
Comme
la répartition des richesses
Ces
"gens-là" n'en veulent pas !
Pour
que leur système existe, se maintienne
Il
faut de l'inégalité
Des
chômeurs, chercheurs d'emploi culpabilisés
Des
personnes sans domicile, des "pauvres"
Des
"immigrés", des "réfugiés"
Des
jaloux, des racistes, etc.
Alors, cessons de nous justifier !
Des
images qui évoquent avec force
Comme
fouiller dans la mémoire
Flash.
Impasse
Bayen 75017, ruelle pavée aux façades vétustes
Elle
n'existe plus, disparue dans la réhabilitation des vieux quartiers
Il
y avait là, le garage de l'oncle et de la tante
Concessionnaire
porche, odeurs d'huile
Vrombissement des moteurs
Au-dessus
du garage, l'appartement vétuste.
Pour
des vacances, la petite provinciale, le train, le bus
L'appartement
au-dessus du garage
Elle
écoutait en boucle “Des roses blanches pour Maman”
Elle
pleurait...
Avec
tout ce bonheur qui s'affiche
Comment les choses peuvent aller
aussi mal
Sur
cette terre.
Cette
abondance de chair !
Comme
autant de nourritures sur les tables festives
On
commence par se régaler avec le regard, le nez
Par
l'effet en soi d'appétit
Et
puis... porter l'aliment à la bouche
Saliver,
humer de l'intérieur
C'est
un bouquet, bouquet de sensations
Explosives
et participatives...
Oui,
je jeûne en ce moment
Et
ce, durant toutes les fêtes
Que
je passe seule, en ermite
Dans
la maison des chats
Analyse
approfondie de la question
De
toutes ces débauches qui s'affichent
Alors
que d'autres se tapent sur le ventre
Le
manque, la faim...
Analyse
aussi du geste de se nourrir
A
savoir est-ce une absolue nécessité ?
Ohhh
se dire que l'autre t'a sauvé
C'est
une qualité de densité toute particulière
Quand
elle se présente
Les
réactions de fuite, de refus, sont si fortes
Générant
des histoires invraisemblables.
Et
finalement il n'y a que la mort
Pour
mettre les gens face à ce refus en eux
Toujours
plus loin, toujours plus dépendants
Toujours
plus grabataires, agonisants.
Il
en est ainsi au niveau individuel
Comme
au niveau collectif
C'est un temps historique.
Conversation
de fleurs
C'est
un fait.
Là
où il y a échange, il y a conversation, intime
Ça vibre, jusque dans toi qui écoute.
On
parlait de fées, de lutins
Au cœur de la nature
Ceux-là
avaient-ils le don de Voir ?
Écoute
bien, quelque soit la personne qui s'exprime
Tu
n'entendras parler que du changement de l'autre
Chacun
dans son mirador pointant ici et là des fautes
Des
manquements, en l'autre
Qu'il
faudrait éduquer, redresser, éveiller
Ou
encore la société qu'il faut révolutionner.
L'autre
qu'on ne veut pas dans sa maison, dans sa ville
Dans
son pays, ou alors il doit changer devenir identique
Mais
à quoi ? Identique à quoi ?
A
toi ?
Mais
c'est ce qu'il est déjà.
Le
comble étant, ces personnes
Qui
travaillent et qui, pour autant
Ne
peuvent pas se loger.
Se
loger c'est quelle part des revenus ?
Il
n'y a plus de porte
La
dernière se referme
Te
voici, la dernière
N'attends
pas qu'une autre s'ouvre
Il
n'y a plus de porte.
Du tout !
Quand
l'étau se resserre
Ni
tête basse
Ni
la relever.
Le
regard droit
Ni
dedans, ni dehors.
En
toutes circonstances
La
juste attitude.
Le
paysage en dégradés, des cimes, des forêts
Des
vallées, le lac !
Figés
dans la neige et le gel
Les
sapins, sentinelles silencieuses...
Vient
ce moment où la question du système
De
l'état, des institutions tombe à l'eau
Car
il faut bien un homme pour tirer une balle.