Du
chant et du silence
De
la trahison et de l'amour
De
l'oubli et de la mémoire.
Du
chant et du silence
De
la trahison et de l'amour
De
l'oubli et de la mémoire.
Je détestais cet
ordre dicté par mère et père
Il n'y avait qu'une
bonne façon de faire, la leur
Rigueur moraliste
Et la tension de la
révolte en moi.
Cette
grande sensibilité à ce que les autres me font, quand je suis née
sans défense, ce fut terrible ! Consciente et sans défense, je
n'aimais pas, mais alors je n'aimais pas ce qu'ils me faisaient qui
finalement n'aura été que ce qu'ils voulaient me faire, parce
qu'ils n'ont pas pu atteindre leur but. Je ne leur en veux pas, ils
ne sont pas conscients de cela en eux. C'est bien pour ça qu'ils
n'ont pas pu m'attraper, me changer, me conformer, et la souffrance,
l'isolement, toutes ces incompréhensions, en moi, ont œuvré à
toujours plus de conscience. C'est quelque chose !
Ce
n'est pas que je ferme ma porte, ce n'est pas que je les rejette, ce
n'est pas que je les méprise, entre eux et moi, c'est un travail,
conscience et inconscience se rencontrent.
Si
bien que la sensibilité qui m'a fait naître est devenue peu à peu
sous le burin de ce travail, beauté du discernement, et là il n'y a
plus de souffrance.
Toi ? De suite j'ai aimé ce que tu faisais en moi.
L' enfant, 10 ans
peut-être
Il y avait ce disque
chez la tante où elle allait pour quelques vacances
Impasse Bayen dans le
17 ième
Souvent seule dans
l'appartement au-dessus du garage
Elle écoutait de la
musique sur le tourne-disque.
Il y avait cette
chanson de Berthe Sylva : Des roses blanches pour maman
Y'avait rien à faire,
à chaque fois qu'elle l'écoutait cela finissait dans le ruisseau
De larmes, et de gros
sanglots à soulever le cœur, cœur trop lourd de toutes ces misères
Elle se disait :
je ne l'écouterai plus, voilà tout !
Et puis, elle se
disait : allez essaye, cette fois-ci tu surferas la vague sans
t'écraser
Comme une grosse
mouche à merde sur le gros pâté qui sent pas bon
Rien à faire !
Et c'est pas aujourd'hui qu'elle l'écoutera parce que...
Elle est là, cette
émotion si puissante retenue en elle, en chacun, en chaque créature
vivante sue cette terre
Humanité qui tarde à
naître qu'il y a les enfants qui meurent de faim
Et ceux qui ne
connaissent plus le goût des choses
Etc, etc.
Alors surfeuse que
fais-tu là ?
Elle ne sait pas...
C'est plus fort qu'elle...
Elle pourrait
prétexter la fatigue, mais ce ne serait qu'un prétexte
Vois-tu, cette une
tournante, comme un travail en équipe
A chaque instant
quelques uns sollicités pour prendre en eux, cette émotion qui
fait son sillon.
Glisser
dans ce puits, puisque puits il y a
Sans plus
y penser
Il semble
qu'il n'y ait pas de fond
Et
pourtant...
Un monde
s'ouvre là
Sans peur
et sans reproche
Tout
serré à l'ouverture
Plus
encore pour en sortir
Le
dormeur donne de grands coups de rein
Son
esprit est éveillé, mais le corps comme souche
Pousser,
tirer, rien n'y fait.
D'où viens-tu toi ?
Je l'ai retrouvée sous la table
Sous la nappe qui recouvre la table
Elle ne pleurait pas, ne criait pas
Elle ne parlait plus.
C'est eux qui l'avaient mise-là
Repoussée petit à petit
Elle, elle ne se défendait plus
L'avait-elle fait un jour ?
Je lui ai tendu la main
Elle n'a pas bougé
Alors sans plus un mot, sans plus un geste
Je suis restée là, à côté d'elle.
Je n'avais pas besoin de la regarder
Je la sentais, en moi, je la sentais si fort !
Combien de temps a passé ?
Je ne saurais le dire
Le temps n'existait plus...
Une naissance
Comme si elle sortait d'un cocon
Tel le papillon
Je l'ai vue s'éloigner.
Grande, belle
Que de lumière !
Conscience, esprit, connaissance
Il y a sûrement d'autres mots
Pour évoquer sans rien en dire
Ce qui est né en vérité.
Premier né, toujours
Unique, toujours.
A reconnaître dans la foule
A découvrir chaque jour sous la pierre
Dans le murmure presqu'imperceptible.