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dimanche 2 octobre 2022

L' étudiante

 

Il y a eu un matin, il y a eu le soir et cette belle lettre de Yaya.


Je voulais te parler de quelques chose.. la dernière fois quand je suis venue chez toi je t’avais expliqué que je voulais arrêter la viande mais que pour le moment je ne mangeais plus que du poulet. Hé bien le statut a changé !

Ça fait maintenant un mois que je n’ai pas touché à de la viande. Je pense réellement que cette vidéo du chien et du cochon (je ne me souviens pas si je te l’avais raconté) m’a bouleversé au plus profond et j’en suis contente !

J’ai failli craquer plusieurs fois mais ma conviction était trop forte. Cependant hier soir j’ai failli réellement laisser tomber. Je me suis acheté un hamburger (avec du beauf du coup) mais arrivé au moment où je devais prendre une bouchée, des hauts le cœur ce sont déclencher. J’ai vu cette vache devant moi la peur dans les yeux amenée à l’abattoir…

Cependant j’avais acheté cet hamburger et je ne voulais pas gaspiller cette viande. Car c’est encore pire que tout !

Donc pour finir mon histoire j’ai donné cet hamburger à un ami qui c’est sûrement régalé.


Merci à toi belle Sarah, ainsi le monde des hommes s'éveille...




mercredi 14 septembre 2022

« Viens je vais te montrer mon arbre »

 
Te voilà, à tracer devant, dans ce fouillis d’arbres où les branches forment troncs.
Ce bois je le connais, il y a un endroit où passer que les autres conduisent à des ravines où s’entrelacent les rochers, bien trop haut pour tes petites jambes et pour les miennes qui s’ankylosent de douleurs.
Alors tu râles, il te faut rebrousser chemin.
Nous y arrivons, enfin !

J’ai dit mon arbre, ce n’est pas qu’il m’appartienne, mais entre nous quelque chose s’échange …
Un jour que je passais là, c’est comme s’il m’avait fait signe, entre ses racines une place pour s’asseoir, juste ce qu’il faut. C’est toujours le matin, le soleil perce juste en face l’épaisse verdure.
Cryptomerias, au tronc rugueux, élancé, la tête hors de la touffe, je m’installe le dos tout contre toi, et la paix descend, les pensées s’absentent…

Petite Sarah s’y pose un instant et déjà la voilà repartie !


F. Lamy

jeudi 8 septembre 2022

L’enfant roi et la bête à trois têtes

 
L’enfant est là, nous avons sorti les chiens
Elle a couru devant, derrière
Me racontant ses petites histoires
Mots d’enfants, en images, qui découvrent le monde.

Avant qu’elle ne s’endorme, c’est moi qui lui en aie conté une
Celle de Bêtatête qui ne voulait pas que Pitou *
L’enfant roi n’entre dans le petit bois
Mais le gamin étourdit, enchante la bête à trois têtes
De la caresse du soleil
Des embruns du grand océan
De la musique du vent
Alors tout éblou-blou, tout ébloui, le monstre le laisse aller le chemin.

J’aime ce qui se dit là, corps et esprit se parlant en couleurs, en parfums
Chant silencieux de la nature…
L’enfant s’endort paisiblement
Mais dans ce premier sommeil, elle s’agite.
 
« Les enfants se battent contre toutes les misères »*
Oui, dans le bruissement du vivant, une plainte infinie
Je l’entends…
Le parfum du grand océan pollué des massacres
Le souffle du vent gémissant des famines
La lumière du grand astre voilée de nos peurs
 
* Ron Uribe
* Le Petit Bois De Pitou, Une histoire de Jean-Pierre Idatte, illustrée par Miche Trublin


mercredi 7 septembre 2022

Cousin, cousine

 
Ils s’aiment ces deux là, c’est sûr
Cousin, cousine
Et là toute la matinée des disputes
A n’en plus finir, des mots tranchants
Je t’aime plus, je…
 
L’un fait un trou qu’il veut pour lui tout seul
Il défend son territoire à force de menaces
Elle ne l’entend pas comme ça
Et fait glisser le sable
Dans le trou profond
Elle ne cède pas, elle devrait pourtant
Laisse, il ne veut pas !
Mais justement comme il ne veut pas…
 
Qu’est-ce cela ?
Ah, je connais, c’est sûr !
 
Évidence, ils sont là arque boutés
Sur leurs différences
Comme si la peau noire de l’un
Ne pouvait supporter la blancheur de l’autre
Et vice versa
 
Au manège, cela reprend, elle veut monter
Sur le même, avec lui, et lui ne veut pas
Et puis soudain il dit : Oui
Une dame qui s’y connaît bien en relation
« Il y en a toujours un qui est plus conciliant »
Elle rêve celle là, un pas en avant
Parce que là, elle ne veut plus s’asseoir
Sur le même siège et enfourche la girafe
 
Expliquer, dire que…
Inutile. Théorie moralisante
Je ne te connais plus
Arrondir les angles, neutraliser les excès
 
Tant que ces deux là, seront à s’affirmer
Dans ce qui fait que nous sommes deux
Ils iront du j’aime au j’aime pas
Il n’y a d’autre solution que d’attendre
Que cela prenne fin, que les corps fatigués
Se détendent et entraînent le repos, la paix.
 
Alors nous irons, marcher, regarder
La grande marée qui dévoile le corail
Qui laisse l’air profité de son parfum
C’est si rare ici.


Laurie Snow Hein

vendredi 2 septembre 2022

Des enfants et de l'amour

 
Ils jouent, et puis un mot de trop ou je ne sais quoi, Max fort en colère :
« Je ne suis plus ton cousin ! ».
La petite n’en revient pas, je sens son cœur qui se serre, c’est que depuis trois jours elle les attendait les retrouvailles avec le cousin. Elle a de la fierté, dissimule son chagrin et lui rétorque : « Et bien moi aussi suis plus ton cousin ! »
Il la reprend : « T’es pas mon cousin, ma cousine… »
Cela finit dans les jupons de la grand-mère.

Oui, je me souviens, à la primaire ces filles qui se disputaient et disaient : « T’es plus ma copine jusqu’à Noël !» Je trouvais ça tellement idiot, plus tard découvrir que l’on pouvait s’aimer et ne plus s’aimer, faire des enfants et s’en aller perdu dans sa désespérance, ça j’ai encore moins compris. Bon ceux-là n’ont que trois et quatre ans.
Je leur dis que quand on aime c’est pour la vie et que même… 

Au fond de moi, ça trésaille : « Qu’es-tu entrain de leur dire là que s’ils ne rencontrent pas ça en l’autre, ils seront toujours en quête, en souffrance, c’est bien la même chose ! » Idéalisme ? Non, c’est ainsi que j’aime au-delà du besoin de l’autre que c’est si troublant quand quelque chose vient répondre…
Max plante son regard noir au plus profond :
« Et quand tu seras bien, bien vieille mamy, et que tu vas mourir, tu m’aimeras encore ? »
Et la petite de surenchérir qu’à chaque au revoir, elle dit que : « tu vas manquer. »

Ah, me voilà mal. Il me faut chercher la réponse, plus profond encore, parce que là, en vérité, je ne sais pas ce qu’il en est de cet amour quand on n’est plus. Je ne veux pas leur raconter des niaiseries, ne pas les trahir, ni éluder leur questionnement, ils attendent une réponse.
 
« L’amour n’est pas de toi, il passe par toi, tu en es responsable, mais pas propriétaire. L’amour est une qualité de l’incommensurable. » *
Alors oui, mes petits, quand je serai morte, cet amour sera toujours là, soyez en sûr !
Bon je suis émue, eux pas du tout, ils retournent à leurs jeux, réconciliés il est vrai.
 
*mots de l’ami



jeudi 1 septembre 2022

Suspension

 
Comme c'était bon, ce temps où vous étiez petits...

L’enfant s’est posée
Elle me parle de tant de choses
De ses petites affaires
Comme ça, tout simplement.

Ses mots ont une résonance
Si particulière, pas de barrière.

Il est question d’Arthur
De la grande section
Frère d’une de sa classe
Et qu’ils jouent ensemble
Elle s’interrompe, gronde
Le chien qui aboie.

« Mamie tu te souviens,
On a vu un cheval et une chèvre
Non ce n’est pas une chèvre
Mais le dromadaire. »

Elle soupire, appliquée
Dans le tri qu’elle a entrepris
« Mamie je pourras pas tout faire »
Dehors la pluie… cela faisait longtemps.


Sarah et Max

vendredi 19 juillet 2019

Sarah - Mars 2009

Ballade à la montagne, hé oui, j’ai changé d’habitude! la pose ne se fait plus là où Max a sa cabane, mais un peu haut.
Je te montre où il a son coin pour s’assoir.
« Et toi ? »
Là, au milieu du chemin, il y a un gros rocher, juste comme il faut, dans son coin de verdure.
Tu te précipites.
« Hop, hop, mademoiselle, regarde…là, y’a quelque chose d’écrit
  • Quoi ?
  • Trône de Mamymiche ! »

Là, t’es pas contente :
« D’abord, c’est pas un trône, c’est un rocher ! »
Et tu pars en ronchonnant, et même que je suis la plus méchante des mamies.
« Mais t’as qu’à t’en trouver un, de trône !
  • Moi, je ne veux pas d’un trône, je veux un rocher ! »
Je ris, très fort… des fois ça te fâche, là ça te plaît.
Après un long moment de silence, je te vois apparaître, tendre ton petit minois…
Tu essaies de relancer la machine, alors je ris encore.
Et voilà que tu ris avec moi... ma douce, si belle Sarah.



 F.Lamy

jeudi 20 juin 2019

La cueillette de Seresville.




Nous avions fait le voyage
Elle toute petite encore
Avec son doudou
Ses manies de petite fille.

Papy vivait encore et Mamie …
Nous avions été cueillir des fraises
A la cueillette de Seresville
Sarah était émerveillée.

Tant de fruits juteux et parfumés
Elle en mettait une dans le panier
En mangeait trois, ou plus peut-être
Je n'ai pas compté.

Nous avions traversé les océans
Et les déserts... elle avait vu les neiges
Éternelles sur le Mont Blanc
Elle qui voulait tant « voir la neige ! » !

« Mais non, ma chérie, c'est trop loin
La France est grande, tu sais !
Et puis c'est trop haut !
Nous n'irons pas toucher le tapis blanc. »